Denise Proulx
Argent
Travailler avec un mentor est une chance, pour une entreprise en création. Basée sur une confiance mutuelle, la relation d'aide s'établit lorsque l'entrepreneur se sent écouté. Il peut parler d'égal à égal avec cette personne expérimentée qui a vécu, elle aussi, l'angoisse qui provoque les nuits blanches et les hésitations à prendre des décisions.
Si le mentor est un guide essentiel, comment s'assurer que c'est celui qui convient au mentoré ? « Tout dépend de son attitude, de son empathie envers l'entrepreneur. Mais, il faut laisser du temps pour construire cette relation. Cela peut prendre de deux heures à deux mois, parfois plus », constate Clément Limoges, en affaires depuis 25 ans et mentor pour le Réseau M dans la MRC L'Assomption.
La bonne chimie, celle qui donnera au mentoré le goût de se confier, de parler de son entreprise et de son cheminement personnel, peut aussi ne pas fonctionner. Normalement, l'un et l'autre s'en rendent vite compte, même s'il n'est pas simple d'identifier le malaise. « Il se peut que le maillage ne soit pas le bon. Il ne faut pas hésiter à en parler. Le Réseau refait alors le maillage. Ce qui compte, c'est que la relation de confiance fonctionne », complète Clément Limoges.
Savoir être autonome
Un mentor est aussi l'expert qui saura amener le nouvel entrepreneur à voler de ses propres ailes. « Un accompagnement de mentorat doit durer entre 18 mois à trois ans. Pendant ce temps, le mentoré aura appris à devenir autonome, à réfléchir et à anticiper les facettes du développement de son entreprise », dit l'homme d'affaires.
C'est cette relation de confiance qui fait qu'à un moment donné, ce temps d'arrêt est nommé et vécu avec sérénité.
Un avantage
Contrairement à aujourd'hui, travailler avec un mentor n'a pas toujours été bien perçu. Lors de la création de la Fondation de l'entrepreneuriat et du Réseau M, il y a une douzaine d'années, se vanter d'avoir un mentor faisait sourciller. L'entourage en déduisait que l'entrepreneur vivait d'importantes difficultés et qu'il devait redresser ou liquider son entreprise.
« Heureusement, les mentalités ont changé. L'entrepreneur est moins seul avec un mentor. Et si ça va mal, nous l'envoyons voir un coach », dit Clément Limoges.