Simon Lord
Argent
Les organisateurs de tournois de golf, comme des commissions scolaires et des regroupements d'hommes d'affaires, ont de la difficulté à trouver des commanditaires depuis la récession. Les élèves et les organismes d'affaires sont les premiers à en souffrir.
« Nous organisons des tournois depuis 13 ans. Mais depuis deux ou trois ans, nous avons moins de commanditaires », raconte Mylène Godin, porte-parole de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries (CSDGS), sur la Rive-Sud de Montréal.
Les commanditaires des tournois de la CSDGS peuvent, par exemple, donner de l'argent directement à l'organisme ou parrainer un trou. Les sommes amassées au cours du tournoi sont ensuite redistribuées aux écoles et aux élèves afin de récompenser, par exemple, la persévérance scolaire, l'implication communautaire et les comportements pacifiques.
Cette année, le tournoi a permis de remettre 25 000$ en bourses. Sept écoles ont reçu 3000$ chacune, alors que 28 élèves ont reçu des enveloppes contenant des sommes allant de 75$ à 250$. C'est moins qu'en 2011, où le montant total était 32 000$, alors qu'en 2010, 40 000$ avaient été remis aux élèves de la commission scolaire.
« Cette année, BMO, Dessau et Desjardins sont encore avec nous. Mais depuis la récession, les commanditaires répondent moins à l'appel », note Mylène Godin. Les élèves sont donc ceux qui, au bout du compte, souffrent du phénomène.
Le milieu d'affaires n'est pas épargné
Les regroupements d'hommes d'affaires et d'entreprise d'un peu partout dans la province ont le même problème.
« Depuis deux ans, c'est définitivement plus difficile de trouver des commanditaires pour nos tournois de golf et la récession y est pour quelque chose », remarque Francis Villeneuve, porte-parole de la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud.
Car si le Québec a relativement bien tiré son épingle du jeu au cours de la Grande récession, la période n'a pas été facile pour la communauté d'affaires. Beaucoup de firmes ont du revoir leurs budgets de commandite afin de demeurer compétitives.
« D'ici cinq ou dix ans, beaucoup d'autres tournois s'éteindront. Ces événements sont de moins en moins populaires, par ailleurs, et nous cherchons nous-mêmes à organiser d'autres types d'événements », ajoute M. Villeneuve.
D'autres chambres de commerce consultées par Argent ont aussi indiqué avoir des difficultés accrues à trouver des commandites pour leurs événements depuis la récession.
Certaines ont même mis fin à leur tournoi, en partie pour cette raison et en partie parce que les tournois sont complexes à organiser.
Comme les fonds récoltés lors de ces tournois servent à financer les chambres de commerce, ce sont les intérêts de gens d'affaires de la région qui sont moins bien défendus, note Francis Villeneuve.