Denise Proulx
Argent
Investissement Québec (IQ) veut se faire rembourser le prêt et les intérêts consentis à la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ) pour l'achat de l'abattoir Levinoff-Colbex en novembre 2005.
Dans un préavis déposé le 12 juin dernier et amendé le 1er août, IQ accorde 60 jours à la FPBQ pour qu'elle rembourse une somme de près de 19,6M$ représentant un prêt de 19 M $ et les intérêts encourus depuis l'entente.
« Pour nous, c'est une étape standard pour nous inscrire comme créancier. Nous voulons protéger nos sûretés, ce que nous détenons déjà dans l'entreprise, compte tenu qu'une procédure de mise en vente est en cours », a déclaré Marie-Ève Savard, porte-parole d'Investissement Québec.
À défaut de paiement, la Société d'État pourrait se prévaloir de clauses qui lui donnaient en garantie du prêt des hypothèques sur l'immeuble qui abritait l'abattoir et son administration, situé à St-Cyrille-de Wendover, de même que sur les biens mobiliers et immobiliers de la corporation.
Le préavis déposé par IQ signifie que la Société entend se prévaloir de ses droits de liquidation des bâtisses et des installations pour remboursement des sommes dues.
On se rappellera que l'entreprise d'abattage de bovins Levinoff-Colbex, établie dans le Centre du Québec, a annoncé le 1er juin dernier qu'elle suspendait ses opérations en raison de sa situation financière intenable. Quelque 270 travailleurs ont alors perdu leur emploi.
La FPBQ était devenue propriétaire de l'abattoir Levinoff-Colbex en janvier 2006 pour une somme de 62,5 millions $. Elle en avait fait l'acquisition après que le marché de la vache de réforme - des vaches laitières qui ne donnent plus de lait - se soit effondré au Québec, en relation avec la crise de la vache folle.
Lors de sa fermeture en juin, l'abattoir a été mis sous séquestre par le syndic RSM Richter qui agissait au nom de la Banque Nationale, un autre important créancier dans le dossier.
Des tentatives de vente de l'entreprise sont en cours. La date limite pour soumettre une offre a été prolongée du 25 au 30 juillet dernier. RSM Richter n'a pas rappelé pour confirmer s'il y a ou pas d'acheteur qui se soit manifesté.
Selon le porte-parole de la Fédération des producteurs bovins du Québec, Jean-Philippe Deschênes, il n'y a pas d'avancement récent dans le dossier. « Il n'y a rien de neuf. Nous n'avons pas entendu dire que le syndic avait reçu une offre d'achats. Tout ce qui a circulé depuis un mois, que les Brésiliens, les Chinois, les Russes seraient intéressés, ce n'est que de la spéculation », a-t-il précisé.
À ses dires la FPBQ n'aurait pas de contacts privilégiés avec le syndic RSM Richter.