Agence QMI
La minière Cliff Natural Resources a arrêté son choix. C'est à Sudbury qu'elle construira sa fonderie de chromite, un investissement dépassant un milliard $ et qui créera 400 emplois directs et 750 emplois indirects.
Jusqu'à la toute fin, Rouyn-Noranda aura été dans la course pour accueillir ce projet d'envergure. «Le président de la compagnie m'a appelé pour m'informer de la décision. Il a vanté la qualité de notre dossier», a rapporté Mario Provencher, maire de Rouyn-Noranda.
«C'est sûr que je suis déçu, a-t-il admis, car depuis un an, nous avons travaillé fort sur ce dossier. La Chambre de commerce nous a été référé par la Chambre de commerce et ensuite, les organismes de développement, notre député, jusqu'au premier ministre se sont alliés pour mener le tout à bon terme.»
Si Rouyn-Noranda avait accueilli la fonderie, c'est au bord de la route 117, près de Cadillac, qu'elle aurait été construite. «Ils désiraient s'éloigner des zones urbanisées», a affirmé le maire.
«J'ai hâte de voir ce que Sudbury et le gouvernement ontarien ont offert, a continué M. Provencher. Quand je pense au projet, c'était en plein dans mon objectif d'avoir 60 000 habitants à Rouyn-Noranda d'ici 2028. Ça aurait créé beaucoup d'emplois et de retombées économiques.»
Déception généralisée
Pour le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Loranger, il est comprenable que l'Ontario ait tout fait pour conserver le maximum de retombées du projet de la minière.
«C'est dommage pour nous, les retombées auraient été intéressantes. Au moins, je me dis que ça reste en Ontario. Si c'est Bécancour qui aurait été retenu, ça aurait choquant, car Rouyn-Noranda a été la première ville du Québec à faire des démarches auprès de Cliff», a-t-il réagi.
«Ce qui est certain, a complété le président, c'est que la Ville et le CLD ont très bien travaillé. Ils ne sont pas à blâmer.»
Le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Daniel Bernard, a aussi exprimé sa déception sur l'aboutissement de ce dossier. Il ne croit pas que le gouvernement doit jouer la ligne dure désormais pour obliger les compagnies à transformer au Québec les ressources exploitées sur son territoire.
«Dans le cas de Cliff, on parle d'un nouveau type de gisement, exceptionnel, d'une durée de vie de 75 ans. Outre ça, il faut maximiser les fonderies actuelles, comme la Fonderie Horne qui reçoit du minerai de l'Ontario. Miantenant, avec l'arrivée de terres rares et de lithium au Québec, c'est des nouvelles filières et c'est certain que le Québec a avantage à favoriser la transformation de ces ressources sur son territoire.»
L'ancien maire de Bécancour, aujourd'hui PDG de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, a été philosophe.
« Ç'aurait évidemment été intéressant que le projet se concrétise ici. Cela fait partie de notre défi. Nous sommes comme un agent immobilier qui doit vanter les mérites de ce qu'il a à vendre et l'entreprise évalue ensuite ce que nous avons à offrir. Nous saurons plus tard ce qui a fait pencher la balance vers l'Ontario, mais ça ne nous arrêtera pas, nous regardons en avant. »