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Reuters, Argent
Le groupe pétrolier chinois CNOOC a annoncé lundi un accord pour racheter le canadien Nexen (NXY) plus de 15 milliards de dollars US en numéraire, l'une des plus grosses acquisitions chinoises à ce jour, qui devrait mettre à l'épreuve la tolérance du Canada vis-à-vis des acquisitions étrangères.
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Premier producteur pétrolier en mer en Chine, CNOOC, société contrôlée par l'État, versera 27,50$ US par action, ce qui représente une prime de 61% par rapport au cours de clôture de Nexen vendredi à Wall Street.
À la Bourse de Toronto, le titre a terminé la séance en hausse de 52,40 % ou 9,06 $ à 26,35 $.
"La valeur globale de l'acquisition proposée est d'environ 15,1 milliards de dollars US et elle est payable en numéraire", déclare le groupe chinois, spécialiste de l'exploitation de gisements marins, dans un document adressé aux autorités boursières de Hong Kong.
L'endettement de Nexen, qui est d'environ 4,3 milliards de dollars US, restera à son niveau actuel.
CNOOC a précisé son intention de financer son acquisition avec de la trésorerie existante et des financements externes.
Ce rachat, indique CNOOC, lui permettra de compléter ses activités de production en mer en Chine avec celles de Nexen, situées dans des régions qui figurent parmi les plus importantes en termes de production pétrolière dans le monde, comme l'ouest du Canada, la Mer du Nord, le golfe du Mexique et le large du Nigeria.
Le conseil d'administration de Nexen a approuvé l'opération à l'unanimité. La conclusion de la transaction est prévue pour le quatrième trimestre.
D'après des données Thomson Reuters, l'acquisition de Nexen par CNOOC serait la plus importante jamais réalisée à l'étranger par une société chinoise.
Cette annonce a été suivie lundi par celle de Sinopec, premier raffineur de Chine, qui a convenu d'acheter une participation de 49% dans la filiale britannique du groupe canadien Talisman Energy, cinquième producteur pétrolier du pays, pour 1,5 milliard de dollars US.
Droit de blocage
CNOOC avait réalisé son premier investissement au Canada en 2005 avec le rachat pour 122 millions de dollars CAN d'une part de 16,7% dans le groupe d'exploitation de sables bitumineux MEG Energy, qui n'était pas encore coté à l'époque.
Le groupe chinois a également finalisé en novembre l'acquisition d'Opti Canada pour 2,1 milliards dollars canadiens, s'assurant ainsi une deuxième participation dans une société canadienne de sables bitumineux.
Aux États-Unis en 2005, CNOOC avait lancé une offre publique d'achat (OPA) de 18,5 milliards de dollars US sur le producteur pétrolier et gazier Unocal Corp. L'opposition américaine à l'opération avait eu raison du projet chinois, provoquant des tensions dans les relations sino-américaines.
Les autorités canadiennes ont le droit d'examiner et de bloquer tout investissement étranger de plus de 330 millions de dollars CAN, une somme dérisoire dans le jeu des fusions et acquisitions mondiales, si elles jugent que l'opération ne répond pas aux intérêts du pays.
Le Canada a notamment fait usage de ce droit en 2010, en bloquant l'OPA hostile de 39 milliards de dollars US du groupe anglo-australien BHP Billiton sur Potash, numéro un mondial des producteur d'engrais.