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Régys Caron
Agence QMI
Un gouvernement doit être capable de faire confiance à sa fonction publique, même si des gens ne partageant pas toutes les orientations politiques du parti au pouvoir occupent des postes stratégiques, estime Jean Charest.
« C'est l'équivalent d'une purge dans la fonction publique », a déclaré vendredi matin le chef libéral au sujet de l'intention manifestée par le chef de la Coalition avenir Québec de remplacer séance tenante les pdg d'Hydro-Québec et de la Caisse de dépôt et placement, s'ils devaient désapprouver les politiques d'un éventuel gouvernement caquiste.
« Pour François Legault chaque journée amène un nouveau groupe avec qui il va se chicaner. Il y a les jeunes qui prennent trop de temps libre, les médecins de famille qui sont paresseux, les pharmaciens sont dans le collimateur, 4000 travailleurs qui sont semble-t-il assis sur leurs mains (et) qu'on va mettre à la porte, même chose dans les agences de santé et les commissions scolaires où les gens ne font rien », a énuméré M. Charest avant d'ajouter les fonctionnaires.
Le gouvernement libéral sortant n'a pourtant pas hésité à faire appel à des péquistes pour occuper certaines fonctions importantes au sein de l'appareil de l'État, a signalé Jean Charest.
Désigné par Pauline Marois, Henri-Paul Rousseau était demeuré pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec à l'arrivée des libéraux au pouvoir en 2003, a rappelé Jean Charest. Même chose pour André Caillé à Hydro-Québec.
L'ancienne députée péquiste Diane Lemieux s'est retrouvée à la tête de la Commission de la construction du Québec l'an dernier et l'ancien chef du PQ Pierre-Marc Johnson a été désigné pour représenter le Québec dans les négociations devant mener à un accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe, a continué le chef du PLQ.
« Vous avez dans la fonction publique le reflet de ce que nous avons dans la société québécoise. Il y a des péquistes, des caquistes, des verts. On travaille avec tous ces gens-là et on leur demande de travailler de manière impartiale et professionnelle. Et, au Québec nous avons la meilleure fonction publique au monde. Mais, tu pars pas avec la prémisse que tu vas te chicaner avec tout le monde », a plaidé M. Charest.
Le fruit murit
Par ailleurs, le fédéralisme canadien a encore besoin d'évoluer avant que le Québec ne signe la constitution canadienne, croit Jean Charest. Le fruit murit inexorablement, a-t-il signifié.
L'avènement du fédéralisme asymétrique en 2004 et la reconnaissance du Québec comme une nation démontrent la flexibilité du fédéralisme canadien.
« Cette façon de faire évoluer le fédéralisme sans modifier la constitution prouve que ça fonctionne bien, a dit M. Charest (...) Pauline Marois et François Legault proposent de nous séparer d'un pays qui 'a jamais joui d'une aussi bonne réputation dans le monde. »