Michel Munger
Argent
Le Groupe CGI s'est retrouvé au cœur de la réponse américaine à l'ouragan Sandy. Le site Web d'urgence ready.gov, que l'entreprise a mis sur pied, a été cité à deux reprises par le président Barack Obama.
En effet, le président a suggéré à ses concitoyens, lundi, de consulter ready.gov afin de savoir comment se préparer.
«Le site est géré et hébergé par nous, comme une série d'autres, tels que le National Hurricane Centre et la Croix-Rouge américaine, confirme Sébastien Barangé, directeur des communications de CGI. Ces sites ont connu une hausse énorme de trafic. Aucun n'est tombé en panne parce que l'hébergement se fait en nuage, à des endroits sécurisés.»
Ready.gov est encadré par un contrat de 21 M$, remporté en janvier dernier auprès du département de la Sécurité intérieure (Homeland Security).
En plus d'inscrire cette réalisation à son dossier, CGI sort indemne de l'ouragan. «Le seul bureau qui a été fermé a été celui de New York, indique Sébastian Barangé, mais la plupart des employés ont été capables de travailler à la maison.»
Hydro à la rescousse
Pour sa part, Hydro-Québec a dépêché 50 travailleurs au Vermont afin de rétablir le courant, mais l'on ne sait pas encore si l'opération rapportera.
«Nous sommes encore au début du processus, dit Yvan Cliche, porte-parole de la société d'État. Il est difficile pour nous d'établir une projection. Considérant l'ampleur des dommages, nous évaluons notre capacité de fournir une aide supplémentaire.»
Transports perturbés
La situation est différente dans le secteur du transport, où les perturbations sont importantes à court terme.
La société montréalaise Transport Robert tire 35% de son chiffre d'affaires des États-Unis, notamment pour le transit de conteneurs et d'éoliennes.
«Une cinquantaine de voyages annulés peuvent représenter quelques centaines de milliers de dollars perdus, souligne Caroline Lacroix, porte-parole de Transport Robert. Si les employés de nos clients ne sont pas rentrés travailler, il n'y aura pas de nouvelles commandes de transport [en attendant le retour à la normale]».
«Un camion coûte 75 à 85 $ de l'heure, renchérit Marc Cadieux, PDG de l'Association du camionnage du Québec. Si on l'arrête, vous voyez ce que ça peut donner [comme résultat]. Ce sont certainement des centaines de milliers de dollars qui sont en jeu pour les transporteurs.»
Des agriculteurs seront aussi touchés parce que leurs aliments périssables ne seront pas transportés et vendus. «Les compagnies d'assurance les reconnaîtront-elles les pertes dans le cadre d'un événement de force majeure ? La question se pose, estime M. Cadieux».
«L'agriculteur qui a 70% de son chiffre d'affaires aux États-Unis en ressentira l'impact», ajoute Simon Prévost, Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ).»
Il ne faut cependant pas paniquer, explique-t-il. «Pour l'instant, on parle de quelques journées perdues. Ce sera limité en dollars. Le téléphone se met à sonner lors d'un événement comme le lock-out au Port de Montréal. On ne sait pas combien de temps dure un conflit de travail lorsqu'il commence.»
Enfin, les transporteurs aériens ont annulé des vols et les assureurs s'attendent à essuyer des pertes. De son côté, Via Rail a annoncé que les trains roulent comme d'habitude.