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Simon Lord
Argent
Avec l’été s’amène le temps du travail saisonnier. Arrivant par milliers sur le marché du travail, nombre d’étudiants et de travailleurs à temps partiel s’en remettent aux agences de placement pour leur dénicher un poste. Et ces dernières passent à la caisse.
«Le placement d’employés temporaires connaît une nette progression à partir du mois de mai. Notre chiffre d’affaires augmente de plus de 35% au cours de l’été», dit Jacqueline Pourreaux, directrice générale chez Hunt, une entreprise de placement qui se dirige vers un chiffre d’affaires de 40 M$ cette année.
L’augmentation du nombre d’étudiants qui décrochent des emplois grâce aux agences varie en fonction des secteurs économiques.
La hausse est de seulement 10% dans les emplois administratifs. «Les employés installent souvent leurs enfants dans ces postes», dit Mme Pourreaux. «En industriel toutefois, le placement peut presque doubler», ajoute-t-elle.
Entre 20% et 25% des emplois estivaux comblés par les agences le sont par des étudiants. Ils peuvent être placés dans les secteurs industriel, administratif, bancaire ainsi que dans le milieu de la restauration et du tourisme.
«Ce sont des emplois qui demandent peu ou pas de compétences. Dans certains cas, nous pouvons même donner une brève formation pour permettre à un étudiant de dénicher un meilleur poste», dit Jacqueline Pourreaux.
Les emplois dans le secteur médical, et même celui des transports, peuvent être plus difficiles à décrocher compte tenu du niveau de spécialisation et des permis demandés.
Marge raisonnable
Les agences de placement facturent généralement aux entreprises un prix entre 40% et 50% plus élevé que le salaire payé à l’employé. Une agence payant un employé 10 $, par exemple, en coûte 14 $ à l’entreprise.
«Notre marge de profits est beaucoup plus maigre que ce que certains intervenants laissent entendre», se défend Jacqueline Pourreaux.
Car du point de vue légal, l’agence est aussi l’employeur. Cela signifie qu’elle doit assumer les charges sociales, qui représentent un montant équivalent à 27% du salaire de l’employé, la responsabilité relative à la CSST et la paie de vacances, entre autres.
«La marge de profits se situe plutôt aux alentours de 10% à 15%», explique Mme Pourreaux.
Bonnes perspectives
La récession étant largement terminée, les employeurs sont en mesure de regarder vers l’avant et de recommencer à embaucher. Cela se fait sentir dans l’affichage de postes pour les étudiants et dans les affaires des agences placement.
«Cette année sera une bonne année pour les emplois étudiants. Par ricochet, ce sera aussi une bonne saison pour les entreprises de placement», prévoit Johanne Berry, porte-parole de l'Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel.
Le placement temporaire représente une industrie de 1,5 G$ au Québec et de 3 G$ au Canada. Au pays, plus de 1100 bureaux opèrent dans ce secteur. Dans la Belle Province, le nombre s’élève à 365.