Jean-François Cloutier
Argent
Le surplus du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) a fondu comme neige au soleil au cours de l'année 2011, en raison de rendements moins bons que prévu de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
En une seule année, le surplus du méga-régime de nombreux fonctionnaires québécois a dégringolé de 4,5 G$ à 1,7 G$.
C'est ce qu'on constate en consultant la Mise à jour au 31 décembre 2011 de l'évaluation actuarielle du RREGOP préparé par la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances (CARRA), un document préparé en avril 2012 et dévoilé discrètement cet été par le gouvernement.
Le document révèle que les obligations du régime ont progressé beaucoup plus rapidement que sa valeur marchande, qui s'est établie à 41,2 G$ en 2011 (contre 40,6 G$ en 2010).
Le passif actuariel est passé, lui, de 39,2 G$ à 41,4 G$ entre 2010 et 2011.
Après la prise en compte des charges d'exploitation, le rendement procuré par la Caisse pour le RREGOP s'est établi à 3,3% en 2011. Cela est inférieur au rendement global de 4% divulgué par le bas de laine des Québécois pour l'année.
Pour Mathieu Santerre, porte-parole de l'Association québécoise des retraités des secteurs publics et parapublics (AQRP), les résultats enregistrés en 2011 rapprochent dangereusement le RREGOP du point d'équilibre, au-dessous duquel il faudra le renflouer.
« On nous reprochait d'être trop gourmands quand la Caisse a publié ses résultats, mais on voit aujourd'hui l'impact des rendements », a-t-il dit.
M. Santerre explique que le RREGOP est conçu en fonction d'un rendement moyen annuel prévu de 7% procuré par la Caisse de dépôt.
La conséquence des « mauvais résultats » de la Caisse en 2011 est un manque à gagner de 1,5 milliard de dollars pour le principal régime de retraite du secteur public québécois, a calculé son organisme.
La dégradation du bilan du RREGOP survient au moment où les régimes de retraite publics à prestations déterminées sont dans la ligne de mire de certains groupes de pression, qui estiment qu'ils coûtent trop cher aux contribuables.