Carl Renaud
Argent
La hausse de la taxe sur les boissons alcooliques, décrétée la semaine dernière dans le budget du ministre des Finances, Nicolas Marceau, va coûter environ 1,5 M$ à la SAQ. La société d'État doit absorber la hausse jusqu'au 5 décembre car les prix de ses produits vont demeurer inchangés d'ici là.
La SAQ distribue au total 11 000 variétés de vin, bière et spiritueux dans son réseau de 800 points de vente, en incluant les agences et les succursales. Son personnel a besoin de plusieurs jours pour changer les prix sur les tablettes et dans le système informatique.
«Entre l'annonce du budget, le 21 novembre, et le 5 décembre prochain c'est la SAQ qui assume la hausse de la taxe. Après le 5 décembre, ce sont les consommateurs qui vont l'assumer parce que le prix des bouteilles sera haussé», a expliqué à Argent, Renaud Dugas, porte-parole de la SAQ.
En attendant, la Société des alcools va puiser dans ses coffres pour verser au gouvernement la somme des taxes excédentaires qui ne seront pas perçues. La SAQ estime qu'elle devra débourser environ 750 000$ par semaine pour payer le gouvernement, c'est-à-dire environ 1,5M$.
Cette charge aura des conséquences sur les résultats financiers du troisième trimestre de la société d'État. «Ça va éventuellement affecter le bénéfice. Nous allons devoir le diminuer pour rembourser la taxe», a précisé M. Dugas.
Lors de la présentation du budget 2013-2014, le gouvernement a imposé des hausses de taxe de 17 cents sur les bouteilles de vin, de trois cents sur les bouteilles de bière et de 26 cents sur les spiritueux vendus au détail.
Les restaurateurs rencontrent Revenu Québec
Ces hausses de taxe embarrassent aussi les restaurateurs québécois. Ils doivent également absorber l'augmentation pour un certain temps, en attendant d'ajuster leurs prix et de refiler la note à leurs clients.
L'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) a obtenu une rencontre avec des représentants du ministère des Finances, mardi à Québec, afin de manifester le mécontentement de ses membres.
Ces derniers ne digèrent pas que le gouvernement exige le paiement de la taxe excédentaire sur les stocks d'alcool qu'ils possédaient déjà lors du dépôt du budget. Aux yeux de l'ARQ, cette taxe rétroactive est complètement inéquitable.
«Comment peut-on demander à quelqu'un de payer une taxe sur un bien qu'il possède déjà. Certaines bouteilles de vin ont été achetées il y a plusieurs années», a dénoncé François Meunier, vice-président aux Affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ.
Il est difficile de chiffrer la perte que va encourir le secteur de la restauration. Mais selon M. Meunier, le propriétaire d'une cave à vin de 10 000 bouteilles devra remettre au moins 3 000$ au gouvernement au plus tard le 22 décembre. L'ARQ souhaite que Québec remette en question la rétroactivité.
L'augmentation de taxe est plus élevée dans le secteur de la restauration. Elle atteint 5,8 cents pour les bouteilles de bière et 37 cents pour celles de vin et spiritueux.