Martin Gauchery
Argent
Le Syndicat des Métallos a dénoncé l'impasse dans les négociations qu'il mène actuellement avec l'Association patronale des agences de sécurité. Les patrons ont quant à eux demandé l'intervention d'un conciliateur.
Selon le Syndicat, qui est affilié à la FTQ et qui représente 14 000 agents de sécurité au Québec (pour environ 31 000 titulaires de permis d'agent), les agences de sécurité ne proposent qu'une hausse des salaires de 5% sur 5 ans, ce qui représente un « appauvrissement important de leurs employés ». Le taux horaire de base d'un agent de sécurité est de 15,15 $.
Pour Stéphane Néron, il est nécessaire que la diversification des tâches confiées aux agents soit reconnue par les employeurs, et cela passe notamment par des primes : « Il y a une évolution dans le secteur de la sécurité privée au Québec. Il y a beaucoup de clients d'agence qui font faire du travail qui n'est pas du travail de sécurité, par exemple pelleter des entrées, changer des lumières. »
Le représentant évoque même un cas où l'on a demandé à des agents de « déplacer des corps dans une morgue d'un hôpital et même de les laver » !
Face à ces accusations qui semblent compromettre les négociations, les patrons ont sollicité l'intervention d'un conciliateur. Au moment de rédiger cet article, l'Association patronale n'avait toujours pas retourné notre appel.
Le Syndicat des Métallos va quant à lui consulter ses membres au cours des prochaines semaines pour décider des actions à envisager. À la suite des négociations, les conditions de travail de tous les agents de sécurité sont fixées par un décret du gouvernement du Québec.
La sécurité privée en quête de crédibilité
Alors que l'industrie de la sécurité privée avait été fortement discréditée par l'affaire BCIA au printemps 2010, la Loi sur la sécurité privée, entrée en vigueur le 22 juillet 2010, tente de professionnaliser et de redonner de la crédibilité au milieu.
Cette dernière régule considérablement la profession en ceci qu'elle oblige les agents et les agences de sécurité à disposer d'un permis d'exercer. Au total, 1 000 permis d'agence ont été délivrés (dont plus de la moitié concerne des agences de systèmes électroniques de sécurité), ainsi que plus de 30 000 permis d'agent (dont près de 25 000 concernent le gardiennage).
Le Bureau de la sécurité privée (BSP) veille à la bonne application de la loi, délivre les permis (les refuse et les retire aussi) et traite les plaintes. La mission du BSP est d'ailleurs très claire : vérifier les antécédents judiciaires des demandeurs de permis, notamment leurs possibles liens avec le crime organisé.
Poids lourd de cette industrie, le géant suédois Securitas emploie 300 000 personnes dans 51 pays, dont 8 000 au Canada. Citons également l'entreprise québécoise Garda qui emploie 45 000 personnes dans le monde entier et a réalisé lors de son dernier exercice un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de dollars, ou encore l'agence des Commissionnaires, représentant 20 000 employés au Canada.