Hugo Legris-Tremblay
Argent
Le marché des produits halal avoisine les 700 milliards $ à l'échelle mondiale. Les exportations canadiennes de produits agroalimentaires halal ont atteint les 3 milliards $ en 2010 et sont en constante évolution depuis.
C'est une opportunité d'affaires importante pour les producteurs québécois de viandes ou de volailles qui veulent accroître leurs gammes de produits et atteindre leurs objectifs de croissance malgré la morosité de l'économie.
C'est l'orientation qu'a choisie l'usine d'Olymel à St-Damase en acquérant la certification halal. Cependant, «la production halal n'est qu'une partie marginale de la production totale de l'entreprise» nous affirme le porte-parole de l'entreprise, Richard Vigneault.
Les produits halal sont surtout consommés par des musulmans. À la base, ceux-ci exigent que la viande qu'ils consomment soit certifiée halal pour avoir la certitude que les méthodes utilisées pour leur abattage étaient «éthiques».
«Les méthodes d'abattage et la nature du produit n'ont pas été modifiées suite à l'adoption des normes halal chez Olymel», nous mentionne M.Vigneault. Les coûts de production ont cependant augmenté légèrement puisqu'un montant «de dizaines de milliers de dollars» est payé annuellement à l'Association musulmane des commerces de viandes halal pour certifier le processus d'Olymel.
Les perspectives du marché halal sont prometteuses au Québec et au Canada. Selon Statistiques Canada, la population musulmane devrait représenter une proportion de 7,3% de la population totale du Canada en 2017.
Un sondage effectué à la fin 2011 par MarkEthnic auprès de citoyens musulmans habitants au Canada nous révélait que 95% d'entre eux considèrent « important ou très important » la certification halal de la viande qu'ils consomment.
« Les produits halal ne sont pas seulement consommés par des personnes de religion musulmane, mais par toutes celles qui se soucient des conditions éthiques d'abattage utilisées», nous affirme un boucher montréalais qui vend de la viande halal.
Le Québec prêt pour consommer Halal?
En mars 2012, un véritable débat a eu lieu concernant la place que doit prendre les produits halal au Québec. André Simard, à l'époque le porte-parole du PQ en matière d'agriculture, questionnait le «respect des valeurs du Québec» dans ce type d'abattage et encourageait le gouvernement à «forcer l'étiquetage» pour informer le consommateur quant au produit qu'il consomme.
M. Simard est aujourd'hui conseiller spécial et chef de cabinet adjoint du ministre de l'Agriculture François Gendron. Au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, on mentionne qu'aucun changement dans la règlementation actuelle n'est prévu à court terme.