Michel Munger
Argent
Les entreprises d'aérospatiale du Québec ont un urgent besoin de main d'œuvre qualifiée, notamment pour des monteurs de structures.
L'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal a lancé une salve publicitaire à cet égard il y a quelques jours, mais les résultats ne sont pas encore au rendez-vous.
«Une offensive supplémentaire sera menée lors des prochaines semaines, indique Josée Péloquin, directrice de l'école. Tout de suite après les élections, nous devrons retourner en campagne de promotion.»
«Nos finissants sont sollicités par les entreprises, tant petites que grandes, explique Mme Péloquin. Leurs représentants se déplacent pour les rencontrer. Nous faisons même des entrevues dans l'école afin d'accélérer les choses. Ceux qui termineront leur formation en octobre sont très en demande.»
La directrice fait savoir que Bombardier, Bell Helicopter, CAE, Pratt & Whitney ainsi que leurs fournisseurs sont très actives sur le terrain de l'embauche.
L'école des métiers donne des formations d'un an et moins à environ 500 personnes à l'heure actuelle. L'entrée des étudiants et la sortie des finissants se fait à l'année longue. Le salaire moyen est estimé de 14 à 20 $ l'heure.
Le nombre de finissants ne suffit pas, souligne Josée Péloquin. «Nous anticipons des besoins plus importants que le bassin d'élèves que nous avons. Nous recevons beaucoup d'appels afin d'augmenter la cadence.»
Répondre à la demande est toutefois possible, ajoute-t-elle. «En 2000, l'école était ouverte 24 heures sur 24, avec quatre plages horaires dont la capacité était de 450 élèves chacune. Nous faisions le tour de l'horloge avec des formations de nuit. En janvier prochain, nous aurons peut-être 800 étudiants et nous pouvons nous ajuster rapidement.»
Par la suite, poursuit Mme Péloquin, d'autres types d'emplois risquent d'être en demande. Une fois les structures assemblées, d'autres pièces doivent se greffer aux avions et hélicoptères.
L'assemblage n'est pas le seul créneau qui attire l'attention. En juillet dernier, Bombardier Avions commerciaux indiquait à Argent qu'elle avait des postes ouverts pour des ingénieurs.
«Nous avons des postes ouverts pour les ingénieurs en service pour les CRJ, la Série Q et les jets d'affaires, indiquait Mark Masluch, porte-parole des services à la clientèle chez Bombardier. Au Canada, il y a des occasions aux centres de réponse à la clientèle. Les sites sont à Mirabel, à Montréal et à Toronto.»
Selon les perspectives publiées par Emploi Québec, il s'agit d'un sous-secteur des plus intéressants. Le génie aérospatial a une cote «très favorable», rapportant un revenu annuel brut moyen de 78 000 $.
D'autre part, l'industrie compte encore 42 000 travailleurs bien rémunérés. Le salaire moyen s'élève 60 000 $ au sein des grands employeurs, selon les données compilées par Aéro Montréal et le Comité sectoriel de main d'oeuvre aérospatiale (CAMAQ).