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La facture mensuelle du client montera si Bell peut faire l'acquisition d'Astral, ce qui privera par la suite les ménages à faibles revenus de services qui sont devenus essentiels.
C'est le point de vue présenté par Robert Cazelais, directeur général d'Option consommateurs, mardi, lors des audiences publiques du CRTC sur le projet de 3,4 G$.
Selon lui, la concentration des médias est une tendance à long terme néfaste. La réduction du nombre de concurrents en télévision ne peut que permettre aux fournisseurs de faire monter les prix.
«Qui va payer pour cette transaction ? C'est clair que ce seront les consommateurs, indique M. Cazelais. Les gens dont le revenu est faible tiennent à avoir un lien avec le monde. Les médias sont devenus des services essentiels pour eux. Ils ne sont pas nécessairement outillés afin d'influencer les décisions d'un conglomérat comme Bell-Astral.»
«Quelques dollars par mois de plus [sur la facture], ajoute-t-il, c'est quelques dollars par mois de moins [pour ces ménages]».
Le patron d'Option consommateurs ne cache pas son irritation sur la tournure du débat, qui gravite surtout autour des intérêts de l'industrie.
«J'attends encore que l'on m'explique que les consommateurs seront mieux traités, que ça leur coûtera moins cher et que le service sera meilleur, déplore M. Cazelais. J'entends parler d'avantages tangibles pour les producteurs, mais si l'on descend au niveau du consommateur, j'attends encore.»
«J'entends aussi l'argument que nous aurions deux géants qui vont se faire concurrence au Québec, poursuit-il. C'est déjà le cas et ce n'est pas en permettant à l'un d'entre eux de grossir» que la situation s'améliorera.
Parmi les autres témoignages entendus mardi par le CRTC, l'Association québécoise de l'industrie du disque (ADISQ), a réclamé que l'on fasse monter de 50% le bloc d'avantages tangibles que Bell versera pour le contenu radio. Les avantages tangibles sont versés lors d'une acquisition afin de contribuer à la radiodiffusion au pays.
À l'heure actuelle, le montant de 61 M$ prévu équivaut à 6% de la transaction. L'ADISQ rappelle que cette proportion a été adoptée en 1998, alors que l'industrie de la radio était en difficulté. Si le chiffre était haussé à 9%, les avantages tangibles en radio seraient à seulement un point de ceux versés en télévision.