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Simon Lord
Argent
Le sud-est du Québec est un véritable paradis aurifère dormant. C'est du moins ce que dit Golden Hope Mines (GNH), une minière torontoise qui vient de découvrir de l'or en Beauce. La région, actuellement peu sollicitée des prospecteurs, a déjà été le nirvana du métal jaune.
« Nous estimons qu'il y a près de 415 000 onces d'or sur nos terrains. Ce n'est que le début. Nous avons fait peut-être 2% de l'exploration de tout le territoire. Le potentiel est énorme », indique Sasha Asgary, directeur des communications de l'entreprise.
À 1600$ l'once d'or, le prix moyen des dernières semaines, cela signifie qu'il y aurait 664 M$ qui dorment sous les terres beauceronnes.
L'entreprise possède deux gisements aurifères dans la région, ceux de Bellechasse-Timmins et de Champagne, près du village de St-Magloire.
L'annonce a été rendue publique jeudi soir.
L'action Golden Hope Mines a terminé à 9 cents en hausse de 12,50 % ou 1 cent vendredi à la Bourse de Toronto.
L'entreprise est active sur le terrain depuis 2007. Plus de 9 M$ ont été investis afin de sonder la région. Environ 30 000 mètres de forages d'exploration ont été complétés.
Golden Hope Mines n'envisage pas d'entrer en production pour l'instant. « Nous voulons trouver d'autres dépôts et déterminer lesquels sont les meilleurs avant de nous lancer dans l'extraction des ressources », dit M. Asgary.
De l'or qui dort
Actuellement, aucune entreprise n'est active dans l'extraction d'or dans la Beauce. La région est plutôt reconnue pour la production et l'extraction de talc, d'amiante et de chrome.
« L'Abitibi, c'est plutôt là que ça se passe pour les aurifères, présentement. La Beauce n'est pas un territoire où l'on extrait traditionnellement de l'or », dit André Lavoie, directeur des affaires publiques à l'Association minière du Québec.
Depuis des décennies, plusieurs petites entreprises ont exploré la région, dont Osisko. Aucune d'entre elles n'a réussi à extraire des quantités importantes du précieux métal.
Quand l'or poussait dans les rivières
La Beauce était autrefois un important bassin d'or. La région a connu une des premières ruées aurifères d'importance en Amérique, en 1830, bien avant celle du Klondike au nord du Canada. L'intérêt pour la région s'est cependant évaporé après les années 1940.
Les gisements sur ce territoire sont principalement alluvionnaires. Ce terme désigne les dépôts de minéraux qui ont été transportés par les glaciers et déposés au sol, souvent dans les rivières.
« Ce que ça veut dire, essentiellement, c'est que l'or, on marche pratiquement dessus en Beauce, contrairement aux mines de l'Abitibi », dit M. Asgary.
Une des plus grosses pépites d'or de l'histoire du Canada a d'ailleurs été trouvée dans la rivière Gilbert, qui se jette dans la rivière Chaudière. Environ de la grosseur d'un pamplemousse, elle pesait 45 onces. Au prix actuel de l'or, cela signifie que ce petit morceau d'or jaune vaudrait aujourd'hui 72 000$.
Un total d'environ 1,5 tonnes d'or a été extrait en Beauce au fil des années.