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Jean-Guy Desjardins n'a pas la même vision que les autres dans l'industrie de la finance. Il préfère mener ses aventures dans la gestion de portefeuilles de placement à partir de Montréal. Et non de Toronto ou de New York.
C'est ainsi qu'a pris forme Fiera Capital, qui a mis la main sur les activités de Natcan ces dernières semaines. Cet acteur en émergence, qui gère 54 milliards $ d'actifs avec 250 employés, est un cas classique de croissance par acquisitions. Son histoire s'est amorcée en 2003 avec l'achat d'Elantis, une filiale de Desjardins.
M. Desjardins a mis d'abord sa méthode
à l'épreuve en déployant Tal Gestion globale. Cette société avait 65 milliards $ d'actifs, ainsi qu'une présence à Hong Kong et Genève. Elle a été acquise par la Banque CIBC en 2001.
Après avoir vendu Tal, M. Desjardins estimait ne pas avoir terminé son travail. " Je voulais recommencer l'expérience avec Fiera parce que j'ai toujours vu une occasion intéressante dans le marché de la gestion de portefeuilles. J'avais accès ici à des talents qui me permettaient d'être concurrentiel. L'ambition était la même.
" Cette fois-ci, ajoute-t-il, nous avons fait le choix de développer Elantis à l'échelle canadienne plutôt que d'aller en Asie et en Europe. Dans un deuxième temps, nous priorisons les États-Unis avant d'aller outre-mer. Nous y avons créé un bureau de distribution. "
Patience
Le modèle d'affaires de Jean-Guy Desjardins inclut les acquisitions stratégiques. Il ne dirait pas non à prendre de l'expansion chez les Américains. " Si l'occasion se présente, dit-il, nous ferons un achat afin de nous donner une masse critique. "
Par contre, le PDG de Fiera ne travaille pas seulement avec des critères financiers. Il cherche toujours à s'allier avec des équipes dont les stratégies de gestion comblent des lacunes. De plus, il veut ajouter des capacités de distribution.
Ces critères, difficiles à réunir, le forcent à faire preuve de patience avant de partir à la chasse. " Pour chacune de nos acquisitions, il y a eu une période de fréquentation de 18 mois. C'est comme un mariage, vous avez avantage à vous voir avant ! "
Doubler l'ampleur
Fiera Capital veut doubler l'ampleur de son actif. Une telle croissance pourrait signifier l'embauche d'une centaine de personnes.
Toutefois, l'entreprise risque de frapper des plafonds en matière de liquidité.
" Nous sommes sensibles à ça, avoue M. Desjardins. Une de nos équipes gère une stratégie de petites capitalisations canadiennes. Une fois rendu à un milliard d'actifs, il faut fermer la porte à l'ajout de nouveaux clients. Quand les gestionnaires veulent transiger, ça devient difficile parce qu'il manque de liquidité dans ce créneau au Canada.
" Avant de faire l'acquisition d'un bassin d'actifs de 25 milliards $ ici, poursuit-il, nous y penserions très s é r i e u s e m e n t . Aux États-Unis, le p r o b l è m e n'existe pas, du moins avant d'arriver à 400 ou 500 G$ sous gestion. "