Charles Lecavalier
Agence QMI
Astral Media a lancé une campagne de lobbying tous azimuts pour convaincre les élus québécois des vertus de l'achat de l'entreprise par le géant des télécommunications Bell Canada.
Le président du conseil d'Astral André Bureau ainsi que trois vice-présidents de la compagnie, Jocelyn Côté, Jacques Parisien et Pierre Rodrigue, se sont inscrits simultanément au registre des lobbyistes.
Plus d'une dizaine de ministères, dont le cabinet de la première ministre, sont visés par cette opération séduction pour « sensibiliser aux avantages de l'acquisition […] pour la société et l'économie québécoise », peut-on lire dans le registre.
Signe de l'élection d'un gouvernement minoritaire, Astral tentera aussi de convaincre les partis d'opposition d'une vente qui accorderait, selon l'entreprise, « plus de choix aux consommateurs ».
Notons que la transaction de 3,4 milliards $ permettrait à Bell de contrôler près de 39,7 % des parts de marché anglophone et 26,6 % du côté francophone, selon le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Bloquer la transaction ?
Les hauts dirigeants d'Astral Médias auront toutefois fort à faire pour convaincre le gouvernement du PQ. Au mois d'août, en pleine campagne électorale, le député péquiste Maka Kotto, maintenant ministre de la Culture, avait déclaré que son parti « prendra tous les moyens à sa disposition pour bloquer cette transaction ».
« Nous ne sommes pas complètement impuissants. Nous allons mener une bataille de tous les instants. Cela pourrait aller jusqu'à des recours devant les tribunaux ou le dépôt d'une législation visant à empêcher cette main mise », avait ajouté M. Kotto.
Il avait obtenu l'appui de Pauline Marois, qui se disait « inquiète » de perdre un autre siège social montréalais au profit de Toronto.
Au moment d'écrire ces lignes, ni le cabinet du ministre de la Culture, ni le bureau de la première ministre n'ont voulu commenter l'opération séduction ou revenir sur les propos de M. Kotto.
Astral Media et Bell Canada sont toujours en démarche d'obtenir l'approbation du CRTC.