Jean-Luc Lavallee
Agence QMI
Pauline Marois se méfie des bonnes intentions de Stephen Harper qui a tenté de la rassurer, vendredi, sur le sort des travailleurs saisonniers du Québec lors de leur première rencontre de travail qu'elle a néanmoins jugée «très fructueuse».
Le gouvernement Marois a profité de cet entretien pour réclamer à Ottawa des assouplissements quant au nouveau régime d'assurance-emploi, qui risque d'affecter les travailleurs saisonniers. Environ 40 % des prestataires proviennent du Québec, a-t-elle rappelé, vendredi.
En matinée dans les Laurentides, elle avait mis la table, disant vouloir aborder cette «question urgente» qui a des «impacts négatifs pour toutes les régions du Québec».
Lors d'un point de presse précédant cette rencontre à Lévis, en marge d'une annonce locale, le premier ministre du Canada n'avait cependant démontré aucun signe d'ouverture pour modifier sa réforme controversée, malgré les pressions exercées par Québec.
Avez-vous l'intention de coopérer avec le Québec ? «Comme vous le savez très bien, l'assurance-emploi est une compétence clairement fédérale selon la constitution canadienne.
Évidemment, nous avons l'intention de respecter les compétences», avait-t-il répondu, fermant la porte aux demandes de Pauline Marois, avant leur entretien.
En privé, lors d'un tête-à-tête d'environ 40 minutes, M. Harper lui a toutefois assuré que les conséquences dramatiques qu'elle anticipe ne se produiront pas. Stephen Harper a indiqué qu'il avait donné des «directives à ses fonctionnaires» et soutenu qu'il partageait la même «philosophie» que Mme Marois, a-t-elle raconté.
De toute évidence, les deux chefs de gouvernement n'ont cependant pas la même interprétation des textes législatifs. «La loi, telle qu'on la lit, présente de hauts risques à notre point de vue. Nous allons être vigilants et ces personnes qui sont concernées, on va être à leur écoute. Je n'ai pas de raison de douter de sa bonne foi (mais) je suis sceptique et nous évaluerons la situation», a-t-elle affirmé aux journalistes en fin d'après-midi, vendredi
Accord Canada-Europe
Par ailleurs, Mme Marois s'est dite « satisfaite » de l'avancement des négociations concernant le projet d'accord économique et commercial global avec l'Union européenne, auxquelles prend part le Québec. «Nous avons même convenu que s'il y avait des accrochages de dernière minute impliquant le Québec, nous aurions rapidement un échange si ça se présentait».
19 millions $ pour la traverse de Lévis
M. Harper était aussi de passage à Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, pour annoncer une contribution financière de 6,3 millions $ destinée à la revitalisation du secteur de la Traverse, un projet qui avait déjà annoncé il y a deux ans et demi. Les travaux de 19 millions $, au total, seront financés à parts égales par les trois paliers de gouvernement.
Mme Marois a d'ailleurs partagé la même tribune que M. Harper ainsi que la mairesse de Lévis, Danielle Roy-Marinelli. À la fin de cet événement, M. Harper a répondu à six questions des journalistes. Mme Marois, qui n'a pas voulu se plier aux règles strictes imposées par Ottawa pour le point de presse, livrera ses impressions aux médias après sa rencontre avec M. Harper.
Lune de miel avec Labeaume
Plus tôt vendredi, Stephen Harper a fait une saucette à Québec pour un rencontre «de courtoisie» avec le maire Régis Labeaume et une séance de photos avec Bonhomme Carnaval au palais de glace. M. Labeaume avait déjà eu l'occasion de discuter de sa liste d'épicerie et des priorités de la Capitale-Nationale lors de la dernière visite du premier ministre en novembre, en marge de l'annonce de la reconstruction du Manège militaire.
Vendredi matin, les deux hommes ont jasé hockey. Bref, la lune de miel se poursuit…
«On a eu une bonne rencontre la dernière fois dans son jet, on a passé à travers tous les dossiers, a déclaré le maire de Québec. Il y a un gars qui s'appelle André Bachand à son cabinet qui est vraiment extraordinaire alors ça roule. Dans le fond, il n'y a aucun «bug» alors (entre) notre bureau et celui du premier ministre, ça roule tempête, ça va très bien.»