Jean-François Cloutier
Argent
Au moment où des voix s'élèvent pour critiquer les coûts importants des délégations du Québec et leurs faibles retombées concrètes, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, propose au contraire d'augmenter les budgets consentis aux relations et à l'aide internationales.
Dans un discours tenu devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), la chef de l'Opposition officielle a plaidé pour la création, sous un gouvernement du PQ, d'Espace Québec, un concept de bureaux à l'étranger où se réuniraient fonctionnaires, artistes et entrepreneurs d'ici.
« Il faut s'assurer de mieux nous faire connaître, de tisser des liens, de permettre aux Québécois de faire rayonner notre génie dans les pays où nous entretenons des relations privilégiées», a affirmé celle qu'on surnomme désormais la Dame de béton.
Mme Marois a dit aussi regretter le désengagement du fédéral sur la scène internationale, notamment à travers les coupures de budget à l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI) et la fermeture de l'organisme Droits et démocratie.
Ces coupures ont eu un effet négatif sur une myriade d'organismes québécois faisant leur pain et leur beurre de l'aide internationale, a-t-elle mentionné.
« Depuis quelques années, la politique étrangère canadienne a subi un fléchissement marqué. Reposant autrefois sur le multiculturalisme, l'équilibre et la coopération, la politique canadienne est devenue belliciste», a-t-elle signalé.
À une question d'une coopérante internationale, elle a répondu qu'elle voulait « augmenter les sommes destinées à la coopération internationale ».
Une armée pacifiste
Quant à l'armée qu'entretiendrait un Québec indépendant, Mme Marois a dit souhaiter qu'elle soit pacifiste et réalise des mandats sous l'égide des Nations unies, en fournissant des Casques bleus.
Plutôt que d'intervenir en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme, Mme Marois a espéré que l'armée québécoise serait présente dans des pays comme Haïti lors de catastrophes humanitaires.
« J'ai été frappée dans les dernières années de voir à quel point l'armée canadienne avait poussé au maximum ses capacités pour maintenir sa présence en Afghanistan », a-t-elle expliqué.
Coûts élevés
Les coûts élevés des délégations du Québec ont été mis en lumière par l'Action démocratique du Québec, avant son regroupement avec la Coalition Avenir Québec.
En 2010, leurs coûts ont bondi de 28%. Les bureaux de Rome-Milan, Hong-Kong, Chicago et Shanghai ont connu des hausses de leurs frais de fonctionnement de 65 à 84%.
La révélation à la fin mars d'une grande fête organisée au coût de 200 000$ par des fonctionnaires du gouvernement du Québec à Paris avait aussi suscité la controverse.