Henri Prévost
Agence QMI
Même s'il n'a plus rien à voir avec la gestion de l'entreprise qu'il a fondée en 1987, Serge Chartrand est ébranlé par la fermeture de Luxorama. Il a d'ailleurs confirmé être prêt à réinvestir dans la compagnie pour la sauver.
«Je ne veux pas que ça ferme», a-t-il confié lundi à «L'Écho du Nord». M. Chartrand a longtemps été un industriel bien en vue à Saint-Jérôme, où son entreprise a déjà embauché 325 personnes, avec un chiffre d'affaires annuel de 35 millions $.
S'il a vendu la compagnie aux frères Gilles et Serge Dumoulin, l'an dernier, il détient toujours une «balance de vente» qui, au-delà de son attachement personnel à l'entreprise, l'incite à s'impliquer dans une relance de Luxorama.
Au courant depuis un certain temps des difficultés de la compagnie, il reconnaît avoir entamé des discussions avec un ancien responsable de la production, Mario Desmarais, et Investissement Québec pour reprendre le contrôle de l'entreprise.
Lundi, ses démarches n'avaient toutefois pas encore donné de résultat positif. L'avenir semblait d'autant plus sombre que les propriétaires actuels, les frères Dumoulin, prévoiraient déposer vendredi une proposition aux créanciers de la compagnie. Une procédure qui aurait pour effet de retarder une possible faillite, mais gèlerait les activités de l'entreprise pour 21 jours.
Redémarrage en 48 heures?
«Mais dans 21 jours, il n'y aura plus de clients», a souligné Serge Chartrand, qui se dit pour sa part en mesure de redémarrer la production «en 48 heures». Pour cela, il faudrait, selon lui, qu'Investissement Québec intervienne en faveur d'une telle hypothèse, ce qui semble loin d'être acquis.
L'ancien propriétaire de Luxorama craint que la compagnie soit plutôt vendue à un concurrent qui fermerait définitivement l'usine pour ne conserver que la clientèle, étant donné que la plupart des fabricants d'armoires disposent d'une capacité de production excédentaire.
Les députés à l'écoute
De son côté, le député provincial de Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau, s'est engagé sur les ondes de CIME-FM à suivre le dossier, tandis que son collègue fédéral Pierre Dionne Labelle a qualifié de «sauvage» la fermeture de Luxorama.
Présent lors de la manifestation des travailleurs, vendredi dernier, il a affirmé qu'on «ne peut pas se permettre de perdre 200 emplois».
En attendant un éventuel dénouement positif, il a suggéré aux employés de déposer sans tarder une demande d'assurance-emploi et a offert les services de son bureau pour accélérer leurs démarches.