Mélanie Loisel
Argent
Aldo veut encore prendre de l'expansion dans le monde alors que la compagnie québécoise de chaussures célèbre, cette année, ses 40 ans d'existence. Déjà présente dans 80 pays, le Japon, l'Allemagne et le Brésil sont maintenant dans sa mire.
Ce nouveau défi n'est toutefois pas gagné d'avance malgré l'expérience du Groupe Aldo sur le marché international. Dans chaque pays, les clients ont des goûts différents et surtout, ne se chaussent pas de la même façon.
« Il faut continuellement ajuster nos stratégies si nous voulons percer un nouveau marché », souligne David Bensadoun, le président des ventes de détail et des produits services du Groupe Aldo lors d'une conférence mardi à la tribune du Cercle canadien de Montréal.
« Au pays, par exemple, les francophones chaussent une pointure de moins que la moyenne de grandeur de chaussure au Canada, alors que les Canadiens d'origine asiatique à Vancouver chaussent deux pointures de moins. On doit donc prendre en considération ces différences lorsqu'on ouvre des magasins », ajoute monsieur Bensadoun qui est le fils du fondateur de l'entreprise Aldo Bensadoun.
Depuis l'ouverture du premier magasin en 1972, à Montréal, l'entreprise a dû s'adapter plusieurs fois aux aléas du commerce du détail. En 40 ans, le design des chaussures, le marché de la fabrication et de la mise en marché ont beaucoup évolué.
« Au début, le marché de la fabrication de chaussures était surtout florissant en Italie et au Portugal alors que 60% de notre fabrication se fait maintenant en Chine », affirme monsieur Bensadoun en précisant que le reste de la fabrication se fait aussi au Brésil et en Europe de l'Est.
Le design des chaussures se fait, par contre, au Québec, en Italie, en Angleterre et en Suisse. Les équipes dans ces pays décident surtout des tendances, des matériaux, des couleurs et des nouveaux styles de chaussures, mais c'est au siège social d'Aldo, à Ville St-Laurent, où le travail est finalisé.
Le Groupe Aldo reconnaît d'ailleurs que la diversité de main d'œuvre à Montréal et au Québec lui a permis de faire sa marque à l'étranger. « Nous avons ici des équipes multiculturelles capables de s'exprimer dans une douzaine de langues alors cela nous aide à comprendre les différentes cultures et les marchés », affirme monsieur Bensadoun.
En plus, le Groupe Aldo s'est entouré d'experts des grandes écoles de design à Londres, Paris, et New York pour rester à l'affût des tendances dans les grandes capitales de la mode.
Pas étonnant que l'entreprise cherche maintenant à s'implanter au Japon et en Allemagne. Tokyo et Berlin sont parmi les villes les plus branchées du monde.