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Michel Munger
Argent
La société Air Canada (AC.B) se lance dans les vols à rabais dès juillet 2013, pour cibler les voyageurs d'agrément avec sa marque Rouge.
La nouvelle filiale desservira une foule de destinations de vacances.
Venise, Édimbourg sont des destinations qu'Air Canada ne couvrait pas auparavant. Les vols saisonniers de Toronto et Montréal vers Athènes sont transférés à Rouge. Ceux exploités par Vacances Air Canada vers Cuba, la République dominicaine, la Jamaïque et Costa Rica tombent aussi sous son contrôle.
Des offres spéciales de lancement, à des prix variant de 269 $ à 949 $, sont en vigueur jusqu'au 25 décembre cette année.
La flotte initiale d'avions de Rouge comprendra deux Boeing 767 pour les vols transatlantiques et deux Airbus A319 pour l'Amérique du Nord. Ils seront «prélevés» de la flotte d'Air Canada, qui prévoit les remplacer par des livraisons de deux Boeing 777.
«Rouge offrira des prix très abordables pour le vol et le voyage, indique Isabelle Arthur, porte-parole du transporteur aérien. Nous allions la qualité de service d'Air Canada avec la force du réseau de distribution de Vacances Air Canada.»
Mme Arthur ajoute que Rouge minimisera ses dépenses. «Nous avons des ententes avec les pilotes et agents de bord afin d'arriver à réduire notre structure de coûts, ce qui permettra d'offrir des prix abordables. Les salaires sont alignés avec ceux des différents transporteurs du secteur.»
Improvisation
Mehran Ebrahimi, directeur du Groupe d'étude en management des entreprises de l'aéronautique à l'UQAM, est moins convaincu par ce modèle d'affaires.
«Fidèle à sa tradition, Air Canada improvise, lance M. Ebrahimi. Elle tire dans toutes les directions. Je ne vois pas pourquoi elle pourrait aller dans les bas prix et battre des compagnies établies.»
Le professeur souligne que le créneau est peu rentable. «On peut espérer que ça fonctionne mais le marché est très concurrentiel. Les coûts seront le nerf de la guerre. Air Canada a-t-elle l'expertise pour cela ? Sa culture de gestion est encore orientée vers la confrontation avec les employés. Tout cela me laisse perplexe.»
Le lancement d'un transporteur à rabais fonctionne mieux lorsqu'une nouvelle entreprise se trouve derrière, explique Michel Archambault, directeur de la chaire de tourisme de l'UQAM.
«Les Ryanair, EasyJet et Air Berlin de ce monde se sont établies de cette façon. Les autres, qui ont été lancées par des transporteurs réguliers, ne sont pas des succès. British Airways a dû vendre à bas coûts sa filiale à EasyJet parce que ce n'était pas son créneau. Quantas en a lancé JetStar en Australie mais elle affronte Virgin Blue [et c'est difficile].»