Jean-François Cloutier
Argent
Des entreprises associées à l'homme d'affaires Tony Accurso ont mis en hypothèque des terrains et des bâtiments pour une somme de 500 millions $ visant à garantir les dettes et les obligations de deux autres entreprises dans l'orbite du groupe.
Dans des documents légaux datés du 6 juillet et obtenus par Argent, on peut lire que quatre compagnies reliées à l'homme d'affaires sont impliquées dans la transaction.
C'est le cas de Simard-Beaudry Construction, de la Société en commandite des Pionniers, de la Société en commandite 1111 Saint-Laurent et de Côte de Terrebonne S.E.C.
Les documents légaux détaillent certains lots de ces entreprises qui sont mis en hypothèque pour garantir des dettes ou des obligations de Louisbourg S.B.C. et de Gastier, deux autres compagnies gravitant dans l'orbite Accurso.
Les lots hypothéqués sont situés à Laval, Terrebonne et Montréal.
Un des terrains est situé au 4297, rang Saint-Elzéar Est, à Laval, là où sont situés les locaux de Simard-Beaudry Construction.
Un autre est situé à Terrebonne et a été utilisé dans le passé par Montréal comme pépinière. La vente de ce terrain, qui pourrait héberger un développement résidentiel, avait suscité l'ire de l'opposition à l'hôtel de ville, après que The Gazette eut révélé qu'il avait été vendu bien en deçà de son prix d'évaluation.
Un autre consiste en un terrain vacant situé sur le boulevard Lucille-Teasdale, à Terrebonne.
C'est la compagnie d'assurance ontarienne Aviva qui est le bénéficiaire de l'hypothèque.
Les quatre entreprises qui accordent l'hypothèque ont pour représentant légal Guillaume Rochon, qui agit aussi comme administrateur de Louisbourg SBC.
Joint par Argent, le notaire qui a rédigé l'acte d'hypothèque, William Dion-Bernard, a expliqué que ce genre de transaction s'apparentait à l'obtention d'une marge de crédit hypothécaire qui pouvait permettre au propriétaire d'un bien immobilier d'emprunter sur la valeur de son actif.
Aviva, en recevant cette hypothèque, obtient une garantie supplémentaire sur les immeubles, a expliqué M. Bernard. « C'est un parapluie, ça vient protéger les créances», a-t-il souligné.
En elle-même, la transaction n'implique pas d'échange d'argent, a précisé M. Bernard. Les 500 millions $ représentent simplement le maximum garanti par l'hypothèque, tout comme le taux d'intérêt de 25 % affiché dans les documents, qui est le taux maximal garanti par l'hypothèque.
Ce n'est pas la première fois que le groupe Accurso remanie son crédit.
En décembre 2011, M. Accurso avait emprunté 8 millions $ à un groupe de financiers mené par Luc Poirier, le promoteur qui a revendu pour 15 millions $ ses terrains des Îles-de-Boucherville au gouvernement du Québec.