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Michel Munger
Argent
Le comportement anticoncurrentiel dont est accusée Bell Canada n'existe pas et les règles du jeu au Canada devraient lui permettre d'acheter le diffuseur Astral, indique l'entreprise vendredi devant le CRTC. Sinon, des emplois seront perdus.
Dans sa réplique officielle aux témoignages effectués lors des audiences publiques cette semaine, le PDG George Cope s'est vidé le coeur. Le ton a toutefois été sobre, l'entreprise s'étant fait accuser de «sortir des lapins de son chapeau» avec une présentation au début de la semaine.
Cependant, M. Cope a été plus menaçant quant au sort d'Astral si Bell n'obtenait pas ce qu'elle voulait: un rejet de la transaction causerait de l'incertitude sur les marchés et entraînerait des pertes d'emplois.
«La vente d'actifs ou le rejet de la transaction, avance George Cope, vont ultimement mener à la scission de la grande compagnie que Ian Greenberg et son équipe ont bâtie, ainsi qu'à des pertes d'emplois significatives au Québec et ailleurs».
Mirko Bibic, chef des Affaires réglementaires, a dû préciser en point de presse que les pertes d'emplois se produiraient seulement si un autre acquéreur se pointait le bout du nez.
«Bell est la compagnie qui va garder Astral comme entité intégrale au sein de Bell Média, garder sa culture, préserver ses activités au Québec, affirme-t-il. Aucun autre acheteur au Canada ne peut faire la même chose.»
Dans le reste de son allocution, George Cope indique que ses concurrents «ont accusé Bell de ne pas se comporter de façon appropriée, avec plusieurs allégations non prouvées et dans certains cas de simples fabrications».
M. Cope fait référence aux accusations d'abus de pouvoir formulées en matière de télévision. Bell se fait reprocher de ne pas leur vendre son contenu sur plusieurs plateformes, favorisant ainsi ses services de télécoms.
Ses rivaux n'ont pas complètement fait leurs devoirs lors des conflits, poursuit M. Cope. «J'ai travaillé pendant 27 ans dans cette industrie, raconte-t-il, [...] et j'ai développé la réputation d'être un dirigeant approchable. Seulement un PDG m'a téléphoné pour régler une dispute [de droits de diffusion] et c'est Darren Entwistle, de Telus».
Le dossier en question a donné une décision en faveur de Telus, rappelle-t-il.
George Cope affirme aussi que l'opposition de Québecor à la transaction est forte parce qu'elle «ne veut pas faire concurrence à une Bell transformée et ré-énergisée».
M. Cope croit que ses acquisitions stimulent au contraire la concurrence en citant l'exemple de CTV, qui aurait poussé Québecor à lancer des services tels que TVA Sports. Bell, assure-t-il, ne dépassera pas le seuil des 35% d'écoute en télé, se conformant ainsi aux règles du CRTC.
Quant à Rogers, ajoute le haut dirigeant, elle «veut les chaînes spécialisées et payantes d'Astral en anglais, et elle aimerait que vous nous forciez à les vendre». Concernant l'exclusivité des Jeux olympiques sur le mobile, Bell répond que Rogers aurait pu faire une offre afin de les obtenir.
Mirko Bibic ajoute que Rogers se comporte de façon inacceptable en matière de droits de diffusion. Par exemple, «Bell Mobilité a essayé de sécuriser les droits pour Sportsnet pour plus d'un an, sans succès».
Par ailleurs, M. Bibic prend des engagements envers le CRTC s'il autorise l'achat d'Astral. L'entreprise maintiendra en ondes les stations locales de nouvelles jusqu'à la fin août 2016. Elle accepte de respecter un code de déontologie sur l'intégration verticale. Si nécessaire, elle réaffectera 40 M$ d'avantages tangibles prévus pour sa filiale Norhtwestel vers du contenu à l'écran.