Régys Caron
Agence QMI
Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois ne sera vraisemblablement pas renversé par un vote sur l'abolition de la taxe santé. Les libéraux, qui forment l'opposition officielle, sont prêts à négocier.
« Nous sommes prêts à respecter le résultat de l'élection. Ce que nous envisageons, c'est de faire notre travail de collaboration. Les Québécois nous le demandent », a déclaré Jean-Marc Fournier, chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.
La discussion est donc possible entre libéraux et péquistes au sujet de l'abolition de la taxe santé, qui serait compensée par l'ajout de deux paliers d'imposition à l'intention des contribuables dont le revenu imposable est supérieur à 130 000 $ par année, soit l'augmentation de l'impôt sur le gain de capital et la réduction des crédits d'impôt pour dividendes.
Pas de recul
Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a déclaré mardi que le gouvernement Marois ne reculera pas sur l'abolition de la taxe santé dès 2012, ni sur l'augmentation des impôts pour les contribuables dits « fortunés ». « Pour le reste, on est prêts à discuter, les paliers d'imposition, les gains de capital, les dividendes et d'autres moyens si on peut en identifier, en autant que l'esprit de notre proposition est respecté [...] Ce qui est incontournable, c'est que nous avons besoin d'une entente avec les autres partis », a dit M. Marceau.
Les libéraux estiment que le gouvernement fait fausse route. « La piste que favorise le gouvernement du Parti québécois défavorisera le Québec dans sa capacité d'attirer des investissements. C'est l'équivalent d'un plan de développement de l'Ontario. Il aura pour conséquences de ralentir l'économie, de réduire l'emploi, d'abaisser les revenus de l'État et d'affaiblir les services publics », a soutenu le chef intérimaire du Parti libéral.
Selon M. Fournier, le gouvernement se trompe en disant que la taxe santé frappe tous les contribuables, peu importe leurs revenus. Il signale que 1,1 million de contribuables ne la paient pas et que 1,5 million d'autres contribuables paient une partie du 200 $ par année exigé.
« La contribution est progressive. Si le PQ veut moduler les charges fiscales exigées de la classe moyenne, qu'il le fasse en regardant dans sa cour, par choix budgétaire, plutôt que dans la poche des contribuables », a dit M. Fournier.
Nicolas Marceau promet que le gouvernement Marois contiendra la croissance des dépenses. « Pour maintenir l'équilibre budgétaire, il va falloir travailler dans la colonne des dépenses. On veut identifier les dépenses qui n'ont pas de bon sens. Par exemple, en informatique, les dépenses par employé sont beaucoup plus importantes au Québec qu'à Ottawa et à Washington; en santé, il y a moyen d'économiser en faisant des réformes qui traînent depuis plusieurs années. Je suis convaincu qu'il y a moyen d'offrir les mêmes services à un coût plus faible », a dit M. Marceau.