Mathieu Turbide
Le Journal de Montréal
Pour aider à la production de batteries destinées aux voitures électriques, le gouvernement du Québec a signé un chèque de 16 M$ à l'entreprise Bathium Canada, une filiale du groupe français Bolloré, dont le chiffre d'affaires frôle les 10 milliards $ par année.
Québec a annoncé vendredi l'octroi d'une aide financière de 16 M$ pour un projet de 56 M$ (28 % du total) annoncé par Bathium Canada pour son usine de Boucherville, sur la Rive-Sud.
Plus de la moitié de cette somme, soit 8,5 M$, est donnée dans le cadre du volet changements climatiques du Fonds vert. Le reste, soit 7,5 M$, est une contribution remboursable versée via le Programme d'appui stratégique à l'investissement (PASI) d'Investissement Québec.
Ce projet de 56 M$ viendra augmenter à 15 000 batteries par année la capacité de production de piles au lithium pour voitures électriques de l'usine de Boucherville.
Dans son communiqué, le gouvernement parle d'un projet de 176 M$. Mais ce total inclut dans les faits une somme de 120 M$ déjà investie et annoncée en 2009 par le groupe Bolloré.
Les nouveaux investissements annoncés la semaine dernière permettront l'embauche de 245 personnes au cours des cinq prochaines années.
La batterie de Bathium est appelée LPM puisqu'elle est le résultat d'un alliage de lithium, de métal et de polymère. Elle sera surtout utilisée dans les petites voitures électriques Blue- Car qui serviront à un nouveau service de prêts à court terme de voiture en France, appelé AutoLib et inspiré des systèmes de type Vélib et Bixi.
Pourquoi aider ?
Le premier ministre Jean Charest et son ministre du développement économique, Clément Gignac, ont tenu à justifier l'aide financière qu'ils accordent à une entreprise aussi profitable que Bolloré.
C'est parce que nous sommes «en concurrence» avec d'autres États, notamment aux États-Unis, a expliqué le ministre Gignac.
De plus, a-t-il soutenu, investir dans des batteries pour voitures, c'est soutenir le développement économique du Québec.
Quant au premier ministre Charest, il s'est félicité en soutenant que le Québec était devenu «l'endroit le mieux placé qui soit pour s'engager dans la voie des véhicules électriques ».