Plusieurs journaux Gesca touchés par des compressions
Olivier Bourque
Argent
La vague de compressions se poursuit chez l’empire médiatique Gesca mais cette fois l’ensemble des journaux du groupe sont touchés.
Déjà, un programme avait été mis en place au quotidien La Presse ce qui avait abouti sur une vingtaine de départs volontaires. Hier, les employés syndiqués du journal montréalais ont été convoqué à une réunion au Palais des congrès pour lundi. Les travailleurs de Cyberpresse et de Gesca Numérique ne sont pas touchés par cette convocation.
Depuis plusieurs jours, les spéculations vont bon train sur une possible disparition de l’édition de dimanche. Le syndicat affirme qu’il faudra attendre à lundi d’avoir la réponse et qu’il ne s’agit que de «rumeurs».
Pendant ce temps, les travailleurs d'autres quotidiens de Gesca recevaient jeudi un courriel leur proposant eux aussi un programme de départ volontaire dont Argent a obtenu copie.
Selon les informations recueillies, cette vague de compressions touche donc le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Voix de l’Est de Granby, le Droit d'Ottawa mais également Le Soleil de Québec. Il a été impossible de le savoir pour la Tribune de Sherbrooke, le Quotidien de Saguenay.
«Les employés doivent donner une réponse avant le 19 juin pour un départ qui serait à la fin du mois d’août», a affirmé une source syndicale. Toutes les personnes intéressées peuvent s’en prévaloir. Leur poste serait aboli par la suite.
Les employés du Soleil avaient reçu le même courriel mercredi. La direction offre aux employés trois semaines de salaire par année d’ancienneté jusqu’à un an de salaire.
Jusqu’ici, la salle de rédaction du Soleil a perdu une quinzaine d’employés. Mais avec le programme mis en place cela pourrait engendrer la disparition d’autres emplois. Selon une source qui avait mis la main sur un document interne, on souhaiterait la disparition de 20 à 35 postes seulement dans la salle de rédaction.
Aussi, la direction du syndicat de la rédaction aurait souhaité que l’éditeur du Soleil convoque une réunion, mais la demande est demeurée lettre morte.
Du côté de Gesca, on considère qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans ces propositions.
«C’est tout à fait normal d’offrir ce genre de programme, c’est quelque chose que nous faisons régulièrement depuis plusieurs années. Mais ce n’est pas une action concertée», a souligné Caroline Jamet, vice-présidente aux communications de l’entreprise.
Toujours selon nos sources, l’occasion serait bonne pour Gesca d’aller de l’avant avec une restructuration plus profonde et centraliser le personnel de l’administration en un seul point à Montréal en vue de réduire leurs dépenses.
Ainsi, les départements des petites annonces, de l’abonnement ou des ressources humaines seraient concentrés dans la métropole.
«C’est un secret de polichinelle. On ne s’en cache même plus. C’est dans les plans de le faire. Les seuls employés de Gesca qui resteraient dans les différentes régions seraient les journalistes et les vendeurs de publicité», souligne cette source syndicale.
L’échéance de la convention collective des employés de la rédaction de La Presse était le 31 décembre dernier, celle du Soleil, le 31 décembre prochain. Certains croient que la direction de Gesca souhaite négocier avec tous les journaux en même temps.
Gesca n’a pas voulu commenter cette information.


