Pas de prime de départ pour le patron de la SODEC
Michel Hébert
Le Journal de Québec
Déjà lynché par l'opinion publique, le patron de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec, Jean-Guy Chaput, sera démis de ses fonctions demain, a annoncé la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, hier.
Et, contrairement à la coutume, M. Chaput n'aura pas droit à une juteuse prime de départ. La ministre estime que les contribuables n'apprécieraient pas qu'un fonctionnaire, montré du doigt par le Vérificateur général pour dépenses «somptuaires», soit renvoyé avec un chèque de six chiffres en poche.
«Je ne crois pas que ce serait acceptable pour les contribuables», a-t-elle déclaré, hier.
Les explications données par Jean-Guy Chaput à son retour de France n'ont pas ému la ministre St-Pierre, qui tient à s'en débarrasser le plus vite possible.
Mme St-Pierre attend, par courtoisie, que le conseil d'administration «prenne acte» des dépenses du pdg de la SODEC et tienne compte de ce qu'elle même a dit publiquement sur le sujet. La guillotine tombera ensuite, demain.
Plus encore, la ministre estime que le fonctionnaire ne devrait pas recevoir une prime de départ comme c'est la tradition au Québec.
«Ce n'est pas souhaitable», a-t-elle répété aux journalistes qui la pressaient de questions.
Cas incomparables
Quand on lui a signalé que, entre autres, l'animateur sportif Claude Mailhot avait eu droit à une généreuse prime de départ en quittant l'Éducation, et que, du coup, le gouvernement serait mal placé pour la refuser à M. Chaput, Mme St-Pierre a fait comprendre que les deux cas étaient incomparables.
«On verra, c'est mon dossier», a-t-elle tranché.
Le député péquiste Maka Kotto, qui était aussi à Cannes pour le festival du film, a soutenu à nouveau, hier, que M. Chaput devrait tout bonnement être congédié immédiatement.
M. Kotto croit que l'hésitation du gouvernement à le mettre dehors tient à sa relation d'amitié avec la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp.
Mme St-Pierre a rappelé que Jean-Guy Chaput était surveillé depuis des mois. Des «rumeurs» sur ses dépenses couraient depuis 2007 et c'est à la demande du conseil d'administration que la ministre a demandé au Vérificateur général, Renaud Lachance, d'intervenir. Ce dernier a déclaré sur les ondes du FM-93, la semaine dernière, que Christine St-Pierre avait fait son «devoir».
Mme St-Pierre n'a toutefois pas l'assurance que M. Chaput puisse être privé de sa prime, même si le décret l'ayant nommé à la SODEC permet de l'en priver. «Il faut savoir dans quoi on s'embarque», a-t-elle dit, en référence aux menaces de poursuites lancées la veille par Jean-Guy Chaput.
S'il avait quitter son poste sans pénalités, le patron de la SODEC pourrait empocher une année de salaire, le remboursement de ses vacances, de ses congés de maladie accumulés, etc. La note à payer serait d'au plus 175 000$.
Agence QMI

