Le jeudi 9 février 2012

Dirigeants : Power refuse de soumettre la rémunération à un vote

14 avril 2009 | 15h32
ARGENT 
Paul Desmarais Jr. Photo: Journal de Montréal

Les patrons de Power Corporation se partagent 16M$

LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL -- Contrairement à d'autres institutions financières canadiennes, Power Corporation (POW) rejette l'idée de tenir un vote consultatif auprès de ses actionnaires sur la rémunération de ses hauts dirigeants.

Du côté de la principale filiale du conglomérat, la Financière Power (PWF), la rémunération totale des sept plus hauts dirigeants a atteint 36,7 millions $. Plusieurs d'entre eux cumulent des fonctions semblables au sein des deux entreprises.

Ainsi, Paul Desmarais fils a touché 5,2 millions $ (dont 1,6 million $ en actions et options) à titre de cochef de la direction de Power Corporation et 2,07 millions $ (dont 122 500 $ en actions) comme coprésident du conseil de la Financière Power, pour un total de 7,26 millions $. En 2007, il avait reçu 6,16 millions $, ce qui excluait toutefois les options octroyées.

Son frère André a touché en 2008 5,02 millions $ (dont 1,62 millions $ en actions et options) comme cochef de la direction de Power Corporation et 1,78 millions $ (dont 122 500 $ en actions) à titre de coprésident du conseil de la Financière Power, pour un total de 6,8 millions $. En 2007, sans les options, il avait eu droit à 6,28 millions $.

Robert Gratton, ancien président du conseil de la Financière Power, est celui qui a gagné le plus au sein du groupe en 2008: sa rémunération totale a atteint 11,43 millions $, dont 4,2 millions $ en actions et options. M. Gratton a pris sa retraite en mai 2008.

Le président et chef de la direction de la Financière Power, Jeffrey Orr, est arrivé deuxième: ses émoluments ont totalisé 11,25 millions $ (dont 4,13 millions $ en actions et options). En 2007, sa rémunération s'était élevée à 5,07 millions $ (M. Orr n'avait pas reçu d'options).

Henri-Paul Rousseau, ancien président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, n'a pas touché de salaire de Power en 2008, puisqu'il n'est entré en fonction qu'en janvier. On connaîtra sa rémunération dans un an.

Les revenus de Power Corporation et de la Financière Power ont connu une bonne croissance en 2008, mais leurs profits ont fléchi en raison d'importantes dépréciations d'actifs. Le cours de leurs actions a reculé de plus de 40 pour cent, à l'image des autres titres du secteur financier.

Dans la circulaire de procuration de la direction, Power Corporation recommande à ses actionnaires de voter contre une proposition du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) qui prône la tenue d'un vote consultatif sur la politique de rémunération des hauts dirigeants.

"Le conseil estime que les conditions de rémunération de ses hauts dirigeants sont appropriées et favorisent le rendement, ce qui profite à tous les actionnaires, et que l'adoption de la proposition n'est pas dans l'intérêt de la société ni dans celui des actionnaires", peut-on lire dans le document.

Les grandes banques canadiennes devront tenir un tel vote l'an prochain à la suite de l'adoption de la proposition du MEDAC dans le cadre de leurs assemblées annuelles. L'assureur Sun Life (TSX:SLF) a annoncé qu'il ferait de même de son propre chef, mais Manuvie (TSX:MFC) s'est opposé à l'idée.

Power rejette également une proposition de la société Fonds Ethiques réclamant la préparation d'un rapport sur les investissements de l'entreprise dans la pétrolière française Total, dont les activités en Birmanie et au Soudan soulèvent la controverse, et dans le conglomérat chinois CITIC Pacific. Power assure que ces placements respectent son énoncé de responsabilité sociale.

L'action de Power Corporation a clôturé mardi à 21,63 $, en hausse de deux cents, alors que celle de la Financière Power a terminé la séance à 22,30 $, en progression d'un pour cent, à la Bourse de Toronto.

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