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Le lundi 6 juillet 2009

Trop endettés, les Québécois?

12 janvier 2009 | 21h48
ARGENT 
 

Agence QMI

Alors que 2009 s'ouvre sur des perspectives économiques moroses, un Québécois sur cinq avoue amorcer l'année 2009 en étant plus endetté qu'en 2008, selon un sondage Léger Marketing-TVA-Le Journal de Montréal. Faut-il s'en inquiéter?

Tout dépend comment on mesure l'endettement. La méthode la plus populaire est de comparer les dettes d'un ménage à son revenu annuel disponible. En 20 ans, le taux d'endettement a doublé pour atteindre 114,7 % au Québec en 2008. Économiste au Mouvement Desjardins, Mario Couture juge discutable cet indice de la précarité de la situation financière des ménages.

«Il ne tient pas compte de l’étalement dans le temps du remboursement des emprunts des ménages, c’est-à-dire de la période d’amortissement associée aux différentes catégories de crédit. Il présente ainsi une image partielle et beaucoup plus dramatique qu’est en réalité l’état des finances des familles», dit-il.

M. Couture signale qu'au Canada, contrairement aux États-Unis, les institutions prêtent de l'argent seulement à ceux qui en ont les moyens. Pour preuve, les derniers résultats des banques ne montrent pas une hausse importante des pertes sur prêts. «Les gens sont obnubilés par le taux d'endettement, mais si les ménages s'endettent, c'est aussi pour acheter des éléments d'actifs qui prennent de la valeur, comme une résidence», souligne l'économiste.

Les actifs

Pour avoir un portrait plus juste de la situation, Mario Couture préfère donc comparer le niveau d'emprunt à la valeur des actifs. En 2007, 76% des actifs des ménages étaient libres de toute dette. C’est le même chiffre qu’en 1997. Pour 2008, il faut s'attendre à ce que la part des emprunts augmente un peu face aux actifs en raison de la chute des marchés boursiers.

«Au plan macro-économique, la situation est donc loin d'être inquiétante», affirme l’économiste de Desjardins. Il reconnaît que ces chiffres peuvent varier fortement d'une catégorie d'âge à une autre. À ce chapitre, les jeunes ménages sont généralement bien plus endettés que les baby-boomers.

Mais dans tous les cas, il faut se garder de crier au loup. Oui, certains ménages font une utilisation excessive du crédit et connaissent un stress financier important, mais ils ne constituent pas la majorité.

La situation serait inquiétante si le marché du travail venait à se dégrader fortement. Or, les analystes prédisent au pire, un taux de chômage à 8,2 % en 2009, bien loin des 14% et plus lors de la récession de 1980. «Cette année, les revenus devraient être encore là pour payer les emprunts», signale Mario Couture.

Autre bonne nouvelle, les coûts de financement sont au plus bas. «Les baisses de taux musclés de la Banque du Canada donnent une marge de manoeuvre au consommateur », indique l'économiste du mouvement coopératif.

Enfin, une autre bouffée d’air frais pour les ménages: le prix de l'essence qui, depuis le pic de 1,50 $ le litre cet été, a été divisé par deux.

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