Le samedi 7 novembre 2009

Fonds de solidarité: «Nos entreprises sont en bonne posture»

12 janvier 2009 | 06h28
Journal de Montréal 
 
Jean-Philippe Décarie
Le Journal de Montréal

Si l’économie québécoise n’a pas encore subi pleinement les contrecoups de la sévère récession américaine, nos entreprises sont en bonne posture pour y faire face, évalue Yvon Bolduc, le président du Fonds de solidarité de la FTQ. « Nos entreprises ont déjà vécu leur récession au cours des deux dernières années avec la hausse du dollar américain. Elles ont fait preuve et démontrent encore une très belle résilience », observe-t-il.

Le Fonds de solidarité a présenté la semaine dernière les résultats du premier semestre de son exercice financier. Le fonds syndical a enregistré une dévaluation de 15 % de ses actifs.

« C’est certain qu’on aurait aimé faire mieux, mais dans le contexte de volatilité extrême des marchés qu’on a connu, on estime avoir réalisé une performance correcte », observe Yvon Bolduc.

L’essentiel des pertes subies par le Fonds de solidarité a été réalisé par le recul de ses participations d’entreprises inscrites en Bourse qui ont été malmenées par la correction des marchés. Tant par ses placements directs dans des entreprises publiques que par son portefeuille d’investissements boursiers.

« Nos placements privés ont beaucoup mieux fait. C’est la crise boursière qui a fait mal », relève encore Yvon Bolduc.

Maintenir le cap

Cette contre-performance n’a toutefois pas altéré le mandat du Fonds de solidarité qui est depuis 25 ans maintenant d’investir exclusivement au Québec dans la création et le maintien d’emplois.

« En 2002, on a investi 350 M$ et réalisé 50 transactions dans l’année. L’an dernier, on a complété 141 transactions et investi un montant record de 730 M$. « Pour les six premiers mois de notre nouvel exercice, on maintient le cap puisqu’on a investi 344 M$ tout en réalisant une cinquantaine de financements », expose le PDG du Fonds.

Yvon Bolduc note encore que la crise financière a créé une crise de confiance qui oblige le Fonds à jouer un rôle de soutien psychologique auprès des entreprises.

« On a un rôle à jouer. Prenez l’exemple de Transat. On a conclu en décembre un financement de support de 60 M$ avec le groupe qui a un plan de match. « On leur a donné de l’oxygène qui va leur permettre de réaliser leurs projets. On a fait la même chose avec DMR (20 M$) et Montrusco Bolton (30 M$) », énumère-t-il.

Mieux équipées

Selon Yvon Bolduc, beaucoup d’entreprises manufacturières québécoises ont profité de la poussée fulgurante du dollar canadien pour réaliser les ajustements qui vont leur permettre de mieux passer à travers la récession.

« Depuis deux ans, on a eu une répétition générale et plusieurs entreprises ont profité de la force du dollar canadien pour mieux s’équiper et devenir plus productives. « Elles sont plus proches de leurs clients, suivent davantage l’évolution de leurs comptes à recevoir et plusieurs sont maintenant gérées dans une perspective de parité de change.

« Quand le dollar baisse, cela représente pour elles des gains exceptionnels, c’est plus normal », souligne-t-il.

Automobile

Au cours des douze prochains mois, le secteur automobile sera, selon Yvon Bolduc, celui qui fera l’objet d’une attention particulière. Le Fonds a investi il y a deux ans 23 M$ dans le fabricant de pièces de remplacement et d’origine Spectra Premium et Yvon Bolduc constate que l’entreprise a bien su se tirer d’affaire.

« Le programme de sauvetage des trois grands de l’auto aux États-Unis est une bonne chose, mais ça reste un secteur qu’on va suivre de près », assure-t-il.

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