Le dimanche 8 novembre 2009

Le tourisme devrait marquer le pas cet hiver au Québec

16 décembre 2008 | 22h05
ARGENT 
 © AP

Mathieu Bruckmüller
Canoë

Récession oblige, la saison hivernale pourrait jeter un coup de froid sur l'activité touristique au Québec. Tout porte à croire que les turbulences économiques n'épargneront pas l'industrie qui doit se préparer à vivre des mois plus difficiles.

«Les principaux marchés étrangers que sont les États-Unis et l'Europe sont touchés. Le Québec n'y échappera pas. D'ailleurs, on sent déjà une baisse du taux d'occupation dans les hôtels à l'échelle de la province», souligne Michel Archambault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat à l'école des sciences de la gestion de l'UQAM.

Selon les données du ministère du Tourisme, des 26 millions de touristes accueillis au Québec en 2006, 27, 2% sont venus l'hiver, générant 3 G$ de recettes. «Sur le terrain, les professionnels croisent les doigts. La période du temps des fêtes va être un bon indicateur quant à l'impact du ralentissement», indique Louis Rome, directeur général des associations touristiques régionales associées du Québec (ATRAQ).

Baisse prévue à Montréal

Ainsi, Montréal, qui reçoit près de 7,5 millions de visiteurs par an, ne cache pas que l'année sera difficile. Pour la première fois depuis 2001, elle s'attend à avoir une baisse de fréquentation d'environ 2%. Heureusement, le nombre de réunions corporatives et de congrès va limiter la casse pour cet hiver, indique Pierre Bellerose, le vice-président de Tourisme Montréal. M. Bellerose espère que la crise économique et la chute du huard inciteront les Québécois à opter pour des séjours moins lointains afin de rester dans la province.

Dans ces conditions, l’industrie pourrait limiter la casse, pour le moment. «Si on arrive à maintenir nos acquis, cela sera déjà une bonne performance», pense Michel Archambault. En effet, la clientèle québécoise compte pour 80% des recettes touristiques durant l’hiver. Au-delà de la récession qui s’en vient, l’enneigement va jouer un rôle non négligeable sur le bilan de la saison. «Si la neige est présente, je pense même que nous passerons au travers», poursuit M. Arsenault.

Ski

D’ailleurs, ralentissement économique ou pas, les stations du ski de la province continuent à brasser des affaires.

«Les indicateurs sont bons. Les ventes des abonnements de saison, malgré le contexte d'incertitude, ont grimpé de 30% dans certains cas», signale Alexis Boyer-Lafontaine, porte-parole de l'Association des stations de ski du Québec. Selon lui, il est encore trop tôt pour dire si la clientèle internationale sera au rendez-vous, mais il compte sur les skieurs ontariens pour compenser une éventuelle défaillance des touristes américains.

Son de cloche similaire dans les Laurentides où l’achalandage est équivalent à l’an dernier, aux dires de Mathieu Déziel, le coordonnateur du bureau d’information touristique: «Nous avons eu de la neige tôt cette année et cela attire les gens pour les sports hivernaux. Nous ne sommes vraiment pas inquiets pour notre saison.»

Son optimisme est partagé par Jean Pelletier, le directeur général du Carnaval de Québec. M. Pelletier demeure confiant que l’événement attirera la même foule que l’an passé, soit près de 800 000 visiteurs. «Dans des périodes de morosité, les gens ont besoin de fêter », note-t-il. Le Carnaval se tiendra du 30 janvier au 15 février 2009. Il entraîne des retombées économiques directes de 48 M$.

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