Le dimanche 12 février 2012

Les syndicats : «Remettez l’argent aux chômeurs!»

12 décembre 2008 | 06h23
Journal de Montréal 
 
Yvon Laprade

Le Journal de Montréal

« Remettez l’argent aux chômeurs ! »,ont clamé hier les deux grandes centrales syndicales (FTQ et CSN).

Les deux syndicats – qui représentent plus de 800 000 membres – ont qualifié la décision du plus haut tribunal de « très grande nouvelle » dans un contexte économique plus qu’incertain.

« Ça fouette nos ardeurs ! », a confié au Journal de Montréal la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

La décision rendue hier à Ottawa sert un avertissement au gouvernement Harper, qui devra « faire ses devoirs » et revoir sa façon d’utiliser les faramineux surplus de la caisse destinée aux sans-emploi.

Les syndicats plaident depuis plus de dix ans qu’Ottawa se sert des surplus de l’assurance emploi pour réduire ses déficits.

Or, selon la leader syndicale de la CSN, les choses ne doivent pas en rester là. Elle veut de l’action, et rapidement.

« On veut voir ce qui se retrouvera dans le prochain budget Harper (le 27 janvier 2009). Ces surplus-là doivent être versés aux travailleurs », insiste-t-elle.

Claudette Carbonneau concède toutefois que le gouvernement de Stephen Harper « devra faire ce qu’il faut » pour démontrer sa bonne foi et sa bonne volonté dans ce dossier. « Nous sommes en crise économique, et il est urgent de trouver des moyens pour aider les chômeurs. Même les travailleurs plus âgés ont besoin d’aide », a précisé la leader syndicale.

Elle fait valoir, en outre, qu’il est de plus en plus difficile de se qualifier à l’assurance emploi, avec le resserrement des critères d’admissibilité.

Devoir moral

De son côté, le secrétaire général de la FTQ, René Roy, juge que le gouvernement conservateur a le « devoir moral » de remettre l’argent détourné dans la caisse de l’assurance emploi. Il souhaite que cet argent serve de prestations aux chômeurs et « pour aider au replacement et à la formation des travailleurs mis à pied ».

Il ajoute que les travailleurs de la forêt, de l’industrie de l’automobile et du manufacturier en général ont besoin de cette « bouée de sauvetage ». « Nous ne voulons pas tomber dans les creux juridiques mais nous voulons passer à l’action. »

Il constate qu’au Québec, le ralentissement est amorcé depuis un bon moment déjà, « mais c’est une question de temps avant qu’on voie le taux de chômage s’élever à 8 et 9 % ».

« On a besoin plus que jamais des surplus de l’assurance emploi pour passer à travers », a conclu René Roy.

√ Les syndicats affirment en outre que moins de 50 % des chômeurs ont droit aux prestations d’assurance emploi, alors que ce pourcentage était de 83 % il y a 20 ans.

ylaprade@journalmtl.com

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