Le mercredi 15 février 2012

Les ventes de Noël ralentissent au Québec

11 décembre 2008 | 06h31
Journal de Montréal 
 
Yvon Laprade

Le Journal de Montréal

La récession qui frappe de plein fouet le portefeuille des consommateurs est en train de bousiller les très lucratives ventes de Noël dans le commerce de détail.

Déjà, des indicateurs négatifs donnent une idée assez juste de ce que pourrait être la saison des fêtes dans le commerce de détail.

« C’est préoccupant. Ce qu’on voit n’est pas trop encourageant », constate en entrevue au Journal de Montréal Marie-Claude Frigon, associée chez RSM Richter et spécialiste du détail.

Au cours de la semaine du 29 novembre, les ventes au détail ont reculé de 5,9 %, selon un sondage réalisé par la firme montréalaise auprès d’une vingtaine de chaînes et de bannières à travers le pays.

Sur 26 chaînes qui ont communiqué leurs résultats (ventes), une seule a affiché une hausse de ses revenus (+ 10 %), tandis que 10 chaînes accusent une baisse de plus de 10 % (sur une base de magasins comparables).

« Ça ne s’annonce guère mieux pour la semaine qui vient de s’amorcer. Nous sommes pourtant à deux semaines de Noël », précise la spécialiste.

Elle rappelle que le magasinage des fêtes constitue une période cruciale pour l’équilibre financier de bon nombre de commerces. Certains réalisent de 30 à 40 % de leur chiffre d’affaires au cours de cette courte période.

Cadeaux pour Noël

Mais le ralentissement de l’économie - et les mises à pied qui en découlent - semble l’emporter sur l’enthousiasme des acheteurs de cadeaux à mettre sous le sapin de Noël.

« Les gens sont endettés, et le commerce de détail est le premier à écoper. Les stratégies commerciales pour stimuler les ventes sont nombreuses. Parmi celles-là, on voit déjà des commerces faire des ventes de liquidation pour libérer leurs inventaires », ajoute-t-elle.

Elle ajoute que le déclin des ventes - dans les commerces de détail - a débuté il y a près d’un an, mais de façon progressive.

« Pour tout dire, la croissance des ventes (dans les bannières sondées par RSM Richter) est à peu près nulle depuis février 2008. Les ventes ont commencé à fléchir bien avant l’automne », observe Marie-Claude Frigon.

Elle ne cache pas que la pression s’accentue pour les commerçants (qui vendent des vêtements, des articles de sport, des articles électroniques) à une clientèle « de plus en plus endettée ».

« C’est généralement le commerce de détail qui est le premier à écoper quand les consommateurs ont moins d’argent à dépenser », dit-elle.

Dossiers de restructuration

Sans présumer du pire pour 2009, Marie-Claude Frigon s’attend à une augmentation des dossiers de restructuration financière de certaines bannières de détail au cours des prochains mois d’hiver.

« Il y a des entreprises dont les reins sont moins solides qui pourraient devoir trouver des arrangements avec leurs créanciers. On ne parle pas nécessairement de faillite, mais de restructuration. Des magasins pourraient fermer », soumet-elle.

Au Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), le président Gaston Lafleur affiche son éternel optimisme.

« On n’est pas immunisés, mais on fera mieux qu’aux États-Unis (où les ventes de Noël seront les pires en 25 ans, selon une enquête de l’America’s Research Group) », a-t-il confié au Journal de Montréal.

Il reconnaît qu’il y a « une inquiétude » chez les commerçants. « Nous savons tous que les 15 prochains jours seront très intenses. La grosse période d’achats débute. Elle sera déterminante », ajoute-t-il.

ylaprade@journalmtl.com

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