Le samedi 11 février 2012

Le réseau WiFi prendra de l'ampleur en 2009

10 décembre 2008 | 20h54
ARGENT 
 

Mathieu Bruckmüller
Canoë-ARGENT

La Ville de Montréal semble bien décidée à appuyer sur la pédale d'accélérateur pour le déploiement d'un réseau internet sans fil gratuit. Elle entend installer 150 nouveaux points d'accès WiFi dans des parcs et des places publiques, selon les documents délivrés lors de la présentation de son budget 2009. Bref, l'administration Tremblay veut faire de Montréal une ville branchée.

Au total, la Ville devrait investir 200 000$ pour atteindre cet objectif l'an prochain. La porte-parole, Patricia Lowe, n'a pu fournir plus de détails, mais elle a indiqué que les modalités du projet seront dévoilées en janvier prochain.

Options

Reste à voir si la Ville de Montréal se lance seule dans l'aventure ou si elle conclut un partenariat avec l'association Île sans-fil qui gère déjà 161 points d'accès gratuit.

La deuxième option est la plus plausible. Maintes fois évoquée, elle a l'avantage pour la Ville d'offrir un service de qualité à ses citoyens et visiteurs à des coûts raisonnables. En effet, les frais de gestion de réseaux par l'entreprise privée ou par une municipalité sont élevés et l'espérance de revenus est trop faible, dixit la mairie qui ne souhaite pas investir massivement dans un secteur de technologies en changement constant.

Chez Île sans fil, Laurent Maisonnave, le vice-président aux communications, dit ne pas être au courant de l'annonce prochaine d'un partenariat entre la Ville et l'association. Cette dernière a déjà soumis aux autorités, il y a 18 mois, un plan de faisabilité de l'internet sans fil gratuit. «Dans notre étude, nous évoquions un réseau de 450 points d'accès sur l'île permettant une large couverture. Il s'agissait d'un plan sur cinq ans avec à la clef un financement public annuel de 200 000$ », relate Laurent Maisonnave.

Île sans fil compte 87 000 membres qui peuvent se connecter gratuitement dans une centaine de cafés, bars, restaurants ou auberges. Pour le propriétaire du commerce, il s'agit d'offrir un nouveau service afin d'augmenter et de fidéliser sa clientèle. Charge à ce dernier, propriétaire du point d'accès, de payer 100$ pour l'équipement et de verser une contribution annuelle de 60$.

Lourd à gérer

Les bornes d'accès sont majoritairement concentrées rue Sainte-Catherine et boulevard Saint-Laurent. Mais Laurent Maisonnave ne cache pas que l'association est à ralentir son développement. «Cela devient trop lourd à gérer. Si on souhaite suivre les plans de l'étude remise à la Ville, il nous faut une structure avec au minimum une personne à temps plein travaillant au projet. Pour l'instant, nous sommes tous des bénévoles», plaide-t-il.

Selon lui, Montréal est déjà reconnue, notamment à l'international, comme une ville branchée, mais elle pourrait l'être encore plus. C'est que la métropole est en train de se faire dépasser par Québec et Sherbrooke. Les deux villes disposent d’un réseau d'accès internet public plus connu sous le nom de ZAP, fruit d'initiatives communautaires. En revanche, contrairement à Île sans fil, elles ont réussi à obtenir un soutien financier de la part des instances municipales.

Les libéraux de Jean Charest ont d'ailleurs promis durant la campagne électorale de verser 1 M$ pour que Québec soit doté de l'internet sans fil gratuit. Encore plus généreuse, l'ADQ parlait de 16 M$. Jusqu’à maintenant, la Capitale-Nationale possède 130 bornes d'accès et ZAP Québec compte 12000 usagers.

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