Économie : que doit faire le nouveau gouvernement Charest?
Mathieu Bruckmüller
Canoë-ARGENT
Jean Charest a été entendu. Il n'y a plus trois, mais une seule paire de mains sur le volant de l'appareil de l'État : la sienne. Quelles mesures devrait-il prendre à court terme pour permettre au Québec de traverser la tempête économique?
Professeur d'économie à l'UQAM, Nicolas Marceau salue la proposition de campagne du premier ministre de vouloir augmenter et accélérer les investissements en infrastructures pour les faire passer de 37 à 41G$ entre 2008 et 2013. En période de fortes turbulences, c'est possiblement la meilleure chose à faire.
En revanche, il y a un grand besoin de clarification. « On nage en pleine confusion. Le chef libéral a chiffré à 300 M$ le coût de ses engagements électoraux, mais le 10% d'investissements supplémentaires annoncé ne semble pas être budgété », soutient M. Marceau.
Selon lui, « Jean Charest devrait indiquer rapidement les montants qui vont être investis à chaque année et montrer en quoi il y a accélération, ne serait-ce que pour rétablir la confiance dans l'action gouvernementale ».
Face au fléchissement anticipé de la consommation, l'économiste verrait d'un bon œil que Monsieur Charest prenne à son compte la proposition de Pauline Marois à savoir l'octroi d'un chèque de 200$ aux familles à faible revenu. « Cela peut aider à soutenir la demande intérieure. C'est le genre de mesure ponctuelle qui peut sonner un stimulus rapide à l'économie », dit-il.
Pour Nicolas Marceau, une telle initiative serait préférable à une éventuelle baisse des impôts qui coupe les vivres du gouvernement à moyen terme. « Envoyer une fois un chèque à des ménages ne constitue pas une mesure récurrente », souligne-t-il. À l’inverse, après avoir décrété une diminution des impôts, il est politiquement très difficile de faire marche arrière.

