Le dimanche 8 novembre 2009

La Caisse de dépôt nie éprouver de graves problèmes de liquidités

21 novembre 2008 | 14h00
Mise à jour: 21 novembre 2008 | 17h14
ARGENT 
Le président du conseil d'administration, Pierre Brunet © ARGENT

Par François Pouliot
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La Caisse de dépôt et placement nie éprouver de graves problèmes de liquidités et juge qu’il est trop tôt pour réévaluer la valeur de ses investissements dans les papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA).

Au lendemain de l’annonce de la mise au repos de son président, Richard Guay, l’institution québécoise est de nouveau sur des charbons ardents alors que la société Radio-Canada rapporte qu’elle éprouve « de graves problèmes de liquidités » et que le quotidien Le Devoir suppute qu’elle pourrait devoir radier près de 7 milliards $ supplémentaires sur ses investissements en PCAA.

La Caisse vient d’ailleurs de convoquer une conférence de presse pour 16h, afin de faire le point sur la situation.

« Le document que Radio-Canada a entre les mains ne démontre pas qu’il y a un problème de liquidités. Je vous réitère ce que l’on a dit dans notre communiqué du 31 octobre » a indiqué le porte-parole de la Caisse Mark Boutet. À l’intérieur de ce communiqué la Caisse indiquait « disposer des liquidités suffisantes pour respecter tous ses engagements envers ses déposants et ses partenaires d’affaires. » Elle ajoutait que « les dépôts sont supérieurs aux retraits et qu’ils le demeureront pour plusieurs années. »

Radio-Canada dit avoir eu accès à une note interne de la Caisse qui indique qu’elle a ramené à 90% le niveau de protection contre les fluctuations du dollar canadien sur ses investissements étrangers. Habituellement, soutient la SRC, la Caisse assure 100% de ses investissements.

Le gestionnaire Jean-Luc Landry affirme ensuite qu’il s'agit d'un signe certain que la Caisse n'arrive plus à faire face à ses dépenses habituelles. « Dans les marchés, en ce moment, il n'y a pas de liquidités. En dehors des obligations du gouvernement, des bons du Trésor ou du gouvernement fédéral, même les obligations de provinces ne se transigent pas très bien. Alors, ce n'est probablement pas facile pour la Caisse en ce moment d'essayer de vendre des titres pour maintenir ces contrats », indique-t-il.

Le porte-parole de la Caisse a de son côté indiqué que l’institution « ne commentait jamais sur ses stratégies d’investissement ».

Dévaluation avec les PCAA

Pendant ce temps, le quotidien Le Devoir affirme que la Caisse pourrait devoir de nouveau radier une bonne partie de ses investissements dans les PCAA. En début d’année, la Caisse avait créé une provision de 1,9 milliard $, soit 15% de son investissement total de 12,6 milliards $.

Une évaluation récente de grands gestionnaires, qui n’est cependant pas attribuée ou précisée par le quotidien, voudrait que des titres aux caractéristiques apparentées ne vaudraient plus qu’entre 15% et 40% de leur valeur initiale.

Sur la base de ces évaluations, la radiation supplémentaire de la Caisse pourrait atteindre près de 7 milliards $.

« On ne sait pas c’est une estimation de qui. Le PCAA, on va l’évaluer en fin d’année. Et il sera aussi évalué par les vérificateurs externes et le Vérificateur du Québec. S’il y a une autre provision, on la prendra », a dit Mark Boutet.

Les experts ne semblent pas s’entendre sur la façon dont devront être évalués les PCAA à la suite de la ratification de l’accord sur ces produits.

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