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Le lundi 6 juillet 2009

Le spectre de la récession plane au-dessus du Québec

21 novembre 2008 | 08h39
ARGENT 
 

Mathieu Bruckmuller

Le Québec tombera-t-il les deux pieds dans la récession l’an prochain? La question divise encore les experts, mais peut-être plus pour longtemps.

Selon Pascal Gauthier, l’économie canadienne devrait enregistrer une croissance négative du PIB au quatrième trimestre de 2008 et au cours des trois premiers mois de 2009. Dans ce contexte, l’économiste de la Banque TD juge que le Québec et l’Ontario ne pourront échapper à une récession technique.

Après 0,4% cette année, la croissance du PIB québécois devrait être de 0% l’an prochain, indique l’expert. Un scénario validé par Robert Hogue: «Nous allons réviser nos prévisions au cours des prochaines semaines, mais à ce stade, il est possible de dire que le Québec connaîtra une croissance presque nulle en 2009», souligne l’économiste chez RBC. Et encore, le scénario pourrait s’aggraver. «Les chances sont de 30% à 40% de voir le PIB du Québec se contracter de 1% sous le coup, notamment, d’une aggravation de la situation chez nos voisins du sud», avertit M. Gauthier.

Notre économie a su éviter de justesse une récession au premier semestre de 2008, il semble que cette fois-ci, il sera difficile d’y échapper.

Mais chez Desjardins, on se fait plus rassurant. «Bien que les risques se soient accrus au cours des dernières semaines, nous maintenons le scénario voulant que l’économie du Québec évite la récession de justesse», dit l’économiste Hélène Bégin. Le mouvement coopératif doit divulguer lundi le détail de ses nouvelles prévisions économiques et financières.

Malgré tout, les experts se gardent bien de crier au loup. «Si au lieu d’avoir 0,2% de croissance du PIB sur deux trimestres, nous avons un repli de 0,2%, il s’agira seulement d’une récession technique. Cela n’a rien à voir avec les baisses de 3% à 4% que nous avons connues au cours des deux dernières récessions», explique Mme Bégin.

Même si la financière Banque Nationale n’exclut pas la possibilité que le Canada enregistre une récession technique (à cause de la sévérité de la récession américaine), pour elle, brandir le spectre d’une récession sévère comme celles de 1990 ou de 1982 au Canada n’est pas justifié. Un avis que partage Pascal Gauthier: «La récession de 1990 avait été marquée par une érosion significative du pouvoir d’achat. Ce n’est pas le cas actuellement, car le marché du travail reste bon.»

«Au Québec, on cherche encore les mauvaises nouvelles. L’emploi est solide, le taux de chômage est faible et le marché immobilier se tient», conclut Hélène Bégin.

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