Le vendredi 10 février 2012

Robinson Sucroë est une oeuvre originale, dit une experte

19 novembre 2008 | 04h00
Journal de Montréal 
 
Alain Bisson
Le Journal de Montréal

La série Robinson Sucroë, produite par Cinar, est indéniablement une oeuvre originale de l’auteur français Christophe Izard et non un plagiat du projet de Claude Robinson, soutient une experte.

Mandatée par Cinar, Christophe Izard et les autres défendeurs, Louise Dansereau a déposé son rapport, hier, au procès pour violation de droits d’auteur que leur a intenté l’auteur Claude Robinson en Cour supérieure de Montréal.

M. Robinson soutient avoir présenté son projet Robinson Curiosité à Cinar en 1986, et à M. Izard en 1987. Il affirme qu’ils lui ont chipé son idée et leur réclame plusieurs millions de dollars, dont les profits générés par la diffusion de la série Robinson Sucroë dans de nombreux pays à compter de 1995.

Au cours de son enquête sur ses allégations de plagiat, M. Robinson a mis au jour le scandale des prête-noms, ce qui a sonné le début de la fin pour Cinar. L’entreprise a été vendue à l’ontarienne Cookie Jar en 2004.

Selon Mme Dansereau, le Robinson de Cinar et M. Izard ne puise pas son inspiration chez Claude Robinson mais dans le travail préalable de l’auteur français.

« La filiation de Robinson Sucroë avec plusieurs séries réalisées antérieurement par Christophe Izard est indéniable : il suffit de survoler les univers, de découvrir les personnages, les thèmes et les sources d’inspiration, les éléments scénaristiques, le style et le ton de ses oeuvres pour associer indiscutablement Robinson Sucroë à Christophe Izard », écrit Mme Dansereau.

La même inspiration

Elle ajoute que l’oeuvre de M. Izard, tout comme celle de M. Robinson incidemment, trouve également son inspiration dans la matrice de toutes les robinsonnades, soit le roman Robinson Crusoé, de Daniel Defoe.

« Je n’ai été aucunement surprise de faire cette constatation, vu l’influence significative qu’exerce depuis plus de deux siècles l’oeuvre de M. Defoe sur le secteur de la création », poursuit l’experte de la défense.

Mme Dansereau a aussi donné quelques exemples pour illustrer que la création n’est pas seulement affaire d’inspiration pure, mais également d’emprunts et de « clins d’oeil » aux autres oeuvres du patrimoine universel.

On retrouve par exemple dans les aventures des 4 As des références à Robinson Crusoé ou à Tintin et à des thèmes communs maintes fois exploités, surtout dans les productions destinées aux enfants comme le sont Robinson Sucroë et Robinson Curiosité, a soumis l’experte.

Par ailleurs, Mme Dansereau a avancé que l’étude de Charles Perraton, un des experts retenus par Claude Robinson, n’est pas probante.

Les similitudes entre Sucroë et Curiosité que relève le prof et chercheur de l’UQAM ne sont pas significatives, dit-elle, et elles ont été faites par une personne qui ne connaît pas l’univers de la télévision et qui n’a pas mis ses conclusions en contexte.

√ Mme Dansereau poursuit son témoignage ce matin.

abisson@journalmtl.com

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