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Le lundi 6 juillet 2009

Génie québécois sur Wall Street: Levkovich voit le S&P 500 se redresser

9 octobre 2008 | 04h00
ARGENT 
 Photo © AP

N.D.L.R. Montréalais d'origine, Tobias Levkovich est classé par la bible mondiale de la finance, Institutional Investor, comme le troisième meilleur stratège boursier de Wall Street. Il est tout juste devancé par François Trahan, un Lavallois diplômé de HEC qui travaille pour la firme ISI Group. Jean-Philippe Décarie l'a rencontré à New York.

Le Journal de Montréal
Jean-Philippe Décarie

NEW YORK | Les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas à Wall Street. Parlez-en à Tobias Levkovich, stratège en chef chez Citigroup, qui a révisé mardi ses prévisions de résultats pour 2008 de l’indice S&P 500. Lui qui était le plus optimiste (bullish) des stratèges new-yorkais est devenu cette semaine le plus pessimiste (bearish) de l’industrie.

Au début de 2008, le stratège de Citigroup, classé parmi les trois meilleurs stratèges boursiers de Wall Street, prévoyait que le S&P 500, l’indice industriel le plus représentatif du marché américain, allait terminer l’année à 1 475 points.

Il y a un mois, Levkovich maintenait sa prédiction de début d’année mais mardi, il a craqué et a revu à la baisse ses prévisions.

«Depuis deux semaines, j’étais devenu vraiment inconfortable avec ma prévision et j’attendais que le marché se stabilise pour revoir mes positions.

«Mais le problème, c’est que le marché ne se stabilise pas», a-t-il expliqué hier dans une entrevue au Journal.

La nouvelle cible de Tobias Levkovich est de 1 200 points pour le S&P 500 d’ici la fin de 2008, ce qui est 19 % de moins que sa prévision initiale (1 475 points), mais un score qui représente tout de même un gain de plus de 20% par rapport au niveau de clôture de 984 points d’hier.

Rebondissement

«Je suis peut-être devenu le plus pessimiste des stratèges de Wall Street (leurs prévisions tablent sur une valeur moyenne de 1 344 points), mais je prévois quand même un rebondissement important d’ici à la fin de l’année», souligne le spécialiste du marché américain.

Selon lui, la volatilité extrême qui afflige les marchés depuis deux semaines va s’estomper et les investisseurs vont se remettre les deux pieds sur terre.

«Le plan de sauvetage du système bancaire va stabiliser le marché, tout comme la baisse concertée des taux d’intérêt d’hier. On ne le voit pas maintenant parce que ces mesures étaient attendues par les marchés et que c’est la volatilité qui l’emporte», ajoute Tobias Levkovich.

Pour le stratège boursier, le plan Paulson aurait dû être accepté dès le premier vote au Congrès.

«Ce n’est pas le sauvetage de Wall Street - je n’aurai pas de boni cette année et mon président (le PDG de Citigroup) a été congédié -, mais le sauvetage de l’économie qu’il fallait», avance-t-il.

Volonté politique Tobias Levkovich signale que les autorités politiques et monétaires s’entendent enfin pour mener une action orchestrée.

«La Banque centrale européenne a finalement décidé de bouger. Elle aurait dû le faire la semaine dernière.

«La Fed a devancé sa baisse de taux, mais quand on traverse une crise comme celle-là, ce n’est pas le temps de penser à l’inflation», explique-t-il.

Comment un stratège boursier comme lui arrive-t-il à survivre à une crise comme celle que l’on vit?

«Je mange beaucoup de beignes. C’est atroce. Mais au moins, je ne bois pas. Mon surpoids est le seul résultat de ma consommation extrême de beignes», résume Tobias Levkovich.

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