Jeffery Lusher fait le point sur ses titres préférés
Le Journal de Montréal
S'il croit que le plan de 700 G$ US des autorités américaines est une nécessité pour stabiliser le système financier à court terme, Jeffery Lusher ne voit cependant pas de grande amélioration de la situation économique avant un bon bout de temps.
"Ce qui se passe actuellement dans les marchés financiers va se propager au reste de l'économie, prévoit le vice-président et directeur régional de BMO Harris. Les actifs financiers sont à la baisse, l'emploi décline, la valeur des maisons diminue, et les ménages américains n'ont plus d'épargne. Tout cela aura une incidence sur leurs dépenses de consommation."
Il s'attend à ce que l'économie américaine reste anémique pendant deux ou trois ans.
Les États-Unis ne sont peut-être pas techniquement en récession, mais la seule manière de la contrer est d'avoir un système financier en santé, soumet-il. Il faut que les banques puissent recommencer à prêter, condition essentielle à l'expansion des entreprises et des profits.
Plus du double
Le spécialiste pense toutefois que la facture sera plus salée que 700G$US. "Ce sera quelque chose comme 1 500 G$ qui va s'ajou-ter à une dette gouvernementale déjà élevée (aux États-Unis)."
Cela aura pour conséquence de faire reculer le dollar américain.
Matières premières
Pour cette raison, il prévoit que les prix des matières premières, qui sont libellés en dollars US, demeureront élevés malgré le ralentissement de l'économie mondiale. Il continue de croire que la demande des pays émergents pour le pétrole et les métaux de base maintiendra une pression haussière sur les prix des matériaux.
Pour les prochains mois, M. Lusher s'attend à ce que les marchés boursiers demeurent très volatils. Il recommande aux petits investisseurs de se concentrer sur des compagnies qui ont fait leurs preuves, réalisent des profits, paient des dividendes et sont peu endettées.
Il s'attend à ce que l'indice S&P/TSX de Toronto se promène entre 12 000 et 14 000 points.
"Ce qui nous aide, c'est que notre secteur financier (plus de 30% de l'indice) est solide et que le gros des dommages semble passé. Quant aux titres des minières et pétrolières, ils sont plutôt bas et si le dollar US continue de baisser, cela leur procure une bonne base", conclut-il.
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THERATECHNOLOGIES
Prix le 8 novembre 2007 : 11,61 $ Prix le 25 septembre 2008 : 4,60 $ Gain (perte) : (60,4 %)
Recommandation: conserver
Le titre de cette biotech québécoise a perdu la moitié de sa valeur depuis un an. Les résultats des essais cliniques de confirmation de phase III de son produit principal, la tésamoréline (qui traite certaines complications liées au sida), ont été un peu moins bons que prévu. Mais ce n'était pas dramatique, ajoute M. Lusher. Il s'agit d'un titre spéculatif, convient le spécialiste de BMO Harris qui mise sur la possibilité que la compagnie soit éventuellement acquise par une pharmaceutique.
TIM HORTONS
Prix le 8 novembre 2007 : 37,25 $ Prix le 25 septembre 2008 : 31,03 $ Gain (perte) : (16,7 %)
Recommandation: conserver
Même si l'action de Tim Hortons a baissé depuis près d'un an, ce fut moins que la moyenne du marché, fait remarquer M. Lusher. Elle a joué son rôle défensif. Au dernier trimestre, la compagnie a battu les attentes des analystes. Même si l'économie ralentit, soutient M. Lusher, les gens n'arrêtent pas de consommer du café et des muffins le matin. "Ils vont continuer leur routine." Il souligne que le ratio cours-bénéfice de Tim Hortons est plus faible que celui de ses concurrents, tout comme les prix de ses produits.
ROGERS COMMUNICATIONS
Prix le 8 novembre 2007 : 48,44 $ Prix le 25 septembre 2008 : 35,23 $ Gain (perte) : (27,3 %)
Recommandation: conserver
Rogers est le joueur dominant dans le secteur des télécommunications, soutient M. Lusher. Il ne craint pas que la compagnie soit très ébranlée par la nouvelle concurrence qui s'annonce dans la téléphonie cellulaire. "Ils ont eux aussi dépensé 1 milliard de dollars pour acquérir une vingtaine de nouvelles licences lors des enchères du gouvernement fédéral." Rogers est la seule, pour le moment du moins, à utiliser la technologie GSM avec laquelle fonctionnent les iPhones d'Apple. La compagnie est active dans deux secteurs prometteurs : le cellulaire et le câble, le principal vecteur d'Internet.
BANQUE ROYALE
Prix le 27 mars 2008 : 47,76 $ Prix le 25 septembre 2008 : 51,50 $ Gain (perte) : 7,8 %
Recommandation: conserver
Lors de la mise à jour précédente de ses titres préférés, Jeffrey Lusher avait remplacé TransCanada par la Banque Royale. Il faisait alors le pari que le pire était passé pour les banques canadiennes et qu'il y avait là plus de potentiel. Il note que les résultats trimestriels les plus récents de la Royale ont été meilleurs que prévu. Même si les activités aux États- Unis souffrent de la conjoncture, celles au Canada, notamment la gestion de patrimoine, se portent bien. Et la banque a l'argent requis pour faire des acquisitions dans un contexte où il pourrait bien y avoir de belles occasions.


