Le prix de la nourriture a grimpé plus vite que l’inflation
Le Journal de Montréal
Ce n’est pas une illusion. Le prix de la nourriture a vraiment grimpé au cours des dernières années. Plus vite, même, que l’inflation. Le bond atteint 16,2 % depuis 2002, alors que les autres biens nous coûtent 15,8 % plus cher. Les consommateurs ont raison de trouver que leur panier d’épicerie coûte de plus en plus cher.
En juillet, le prix de certains aliments comme le pain (+ 13,2 %), les céréales (+ 17,0 %), les légumes (+ 10,6 %) et les huiles (+ 17,1 %) a augmenté – par rapport à juillet 2007 – de façon exceptionnelle.
« C’est assez rare qu’on voie des bonds dans les deux chiffres. C’est inhabituel », a affirmé au Journal Bruno Morin, analyste à Statistique Canada dans la division des prix.
« Dans les produits céréaliers, ce n’était jamais arrivé depuis 1986. La plus forte hausse qu’on avait vue, c’était + 7,4 % en 1995 », a-t-il précisé.
Jusqu’à 39,4 % plus cher
Ces hausses, ajoutées à celles des années précédentes, font en sorte que les aliments achetés dans les magasins nous ont coûté, en juillet, 16,2 % de plus qu’en 2002 (moyenne annuelle). Cela est plus élevé que l’inflation pour l’ensemble des biens de consommation.
Les produits de boulangerie sont ceux qui ont connu la plus forte hausse (+ 39,4 %), suivis de l’huile (+ 33,8 %) et de la volaille (+ 25,6 %).
À l’opposé, les légumes coûtent seulement 3,9 % de plus qu’il y a 6 ans. Les hausses sont également modérées dans le rayon des fruits (+ 4,4 %) et dans celui des poissons (+ 4,8 %). Une seule catégorie affiche une déflation : les fruits de mer (– 8,9 %).
Metro se distingue
Analyste à la Banque de Montréal, David Hartley fait le tour des supermarchés tous les mois pour y calculer le coût d’un panier type. En août, sur les sept chaînes visitées, quatre affichaient de meilleurs prix qu’en juillet, a-t-il écrit dans son rapport publié hier.
Par rapport à septembre 2007, cependant, la facture est plus salée partout, comme le suggèrent les données de Statistique Canada. Seule Metro fait bande à part puisque son panier est demeuré étonnamment stable.
Le président de l’épicier québécois, Éric Richer LaFlèche, avait d’ailleurs soutenu, le mois dernier, qu’il n’y a « pas d’inflation dans le système ».
« La force de notre devise a un « effet parapluie » », avait-il expliqué.
√ L’IPC pour le mois d’août sera publié le 23 septembre.
mefournier@journalmtl.com



