Le samedi 21 novembre 2009

Barrages d'environnementalistes

28 août 2008 | 04h00
ARGENT 
 © Corbis

Le Journal de Montréal
Nicolas Dubois

La proposition de l’Institut économique de Montréal d’exporter 10% des réserves d’eau douce renouvelable du Québec soulève l’indignation des environnementalistes, qui estiment que ce serait un pas dans la mauvaise direction.

L’environnementaliste Daniel Green ne mâche pas ses mots à l’égard des conclusions de la recherche de l’Institut. Selon lui, il serait éthiquement et moralement irresponsable de vendre notre eau.

Situation précaire

«En raison des changements climatiques, nous sommes dans une situation précaire et nous ne savons même pas si nous manquerons d’eau en 2040. En établissant des contrats fermes d’exportation avec d’autres pays, nous risquons d’être pris à notre propre piège», souligne-t-il.

La vice-présidente de la Coalition Eau Secours, Martine Ouellet, abonde dans le même sens. Pour elle, l’idée de l’Institut aurait pour conséquence la perte de notre souveraineté sur notre eau.

«Si on exporte l’eau en vrac comme une denrée commerciale, on se soumet aux règles de l’ALENA [Accord de libre-échange nord-américain], et ainsi à la compétence des tribunaux de commerce internationaux », explique-t-elle.

Mme Ouellet contredit les chiffres de l’Institut et soutient qu’au contraire, l’impact financier serait catastrophique.

«On va puiser dans les réserves du sud du Québec, comme dans les bassins des Grands Lacs ou dans le fleuve Saint-Laurent, qui sont déjà à des niveaux historiquement très bas. Imaginez les conséquences sur l’affluence touristique dans les ports du Québec si la navigation devient impossible», conclut-elle.

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