Un ex-courtier poursuit son ancien employeur
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Un ex-courtier au coeur d’un des épisodes de la saga du financier offshore Martin Tremblay, Louis-Philippe Séguin, poursuit son ancien employeur, la maison de courtage Jones Gable & Compagnie.
Selon la requête déposée mardi au palais de justice de Montréal, Jones Gable doit 72 500$ à M. Séguin et refuse de les lui remettre.
L’ex-courtier en valeurs mobilières raconte dans sa poursuite qu’il a demandé à Jones Gable d’exercer des options sur des actions d’Exploration Typhon qui lui revenaient, le 27 décembre 2005.
Chèque
Mais la transaction au terme de laquelle il devait recevoir 106 722 actions a échoué parce qu’elle a été payée par chèque ordinaire plutôt que par chèque certifié.
Selon M. Séguin, cette erreur lui a fait perdre 32 016$. De plus, il soutient avoir été privé de 25 500$ dans une autre transaction impliquant des titres d’Exploration Typhon.
L’ex-courtier ajoute à sa réclamation une somme de 15 000$ pour ses frais, troubles et inconvénients.
M. Séguin a quitté ses fonctions chez Jones Gable en décembre 2005, soit à la même période que la demande d’exercice de ses options d’Exploration Typhon.
Le Kenneth Salomon Fund
Sa démission est survenue alors que l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) s’intéressait à lui dans le cadre de son enquête sur le financier Martin Tremblay, des Bahamas.
M. Séguin avait charge du compte du Kenneth Salomon Fund, dont Martin Tremblay était inscrit comme détenteur et bénéficiaire. Cependant, le financier originaire du Saguenay n’était, semble-t-il, qu’un prête-nom.
Louis-Philippe Séguin a refusé de se soumettre aux interrogatoires selon les termes de l’OCRCVM et il a écopé d’une radiation à vie ainsi que d’une amende et de frais totalisant 77 000$. Il a porté l’affaire en appel en juin dernier.
De son côté, Martin Tremblay a été arrêté aux États-Unis pour le blanchiment de 1G$ US, à la fin de janvier 2006. Il a plaidé coupable à une accusation réduite de s’être fait l’intermédiaire d’un transfert de 20 000$ US provenant d’agents doubles qui s’étaient présentés à lui comme des trafiquants de drogue russes.
M. Tremblay purge actuellement une peine de prison de 48 mois.


