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Le dimanche 5 juillet 2009

4000 investisseurs ont reçu une lettre avec une erreur

19 août 2008 | 07h34
ARGENT 
 

En vidéo, Pascale Déry s'est entretenue hier avec Michel Vézina, une victime du scandale Norbourg.

Alain Bisson
Le Journal de Montréal

Michel Vézina n’avait pas besoin de celle-là. Floué de plus de 300 000$ dans le scandale Norbourg, forcé de retourner au travail après deux ans de retraite, le débosseleur a essuyé une autre gifle tout récemment, cette fois en apprenant que le syndic Ernst & Young a fait une erreur en lui annonçant qu’il recevrait un dédommagement de 86 000$.

Il faut en fait retrancher deux zéros au total des sommes annoncées dans trois lettres d’Ernst & Young reçues par M. Vézina et sa conjointe, le 6 juillet dernier. Le vrai dédommagement auquel ils ont droit: un peu plus de 859 $.

Envolé, le projet de vacances dans le Sud cet hiver ; disparue, la perspective de (re)prendre enfin sa retraite. M. Vézina est retourné au travail, après trois semaines de congé de maladie prises pour se remettre de cet énième coup dur.

Au total, 4000 investisseurs ont reçu une mauvaise information sur les montants à recevoir, selon Ernst & Young.

«C’est épouvantable, après tout ce qu’on a vécu avec les horreurs de Norbourg», a déclaré M. Vézina avec indignation hier au palais de justice de Montréal.

L’administrateur des sommes récupérées après l’éclatement du scandale Norbourg, Ernst & Young, a fait parvenir trois lettres datées du 20 juin au couple Vézina. Elles indiquent qu’il recevra une distribution totalisant 85 998$.

«Ma femme m’a appelé au travail et j’étais fou comme un balai. Pendant trois jours, on a rêvé à toutes sortes de projets, on a planifié des vacances dans le Sud et j’ai commencé à penser à arrêter de travailler», raconte M. Vézina.

«Une erreur typographique»

Mais un appel d’Ernst & Young, autour du 9 juillet, a coupé court à l’euphorie.

« Une personne nous a expliqué que les virgules avaient été mises au mauvais endroit sur les lettres et que le montant qui nous revient est plutôt de 859$ », a expliqué M. Vézina avec dépit.

« J’ai 69 ans, pas 40 ans, ma pression artérielle joue au yoyo, je ne suis plus capable de vivre des chocs émotifs comme celui-là », a-t-il ajouté.

Ernst & Young a réagi par un communiqué diffusé sur son site Internet, hier après-midi.

«Ernst & Young a le regret de vous informer qu’une erreur typographique est survenue dans une lettre adressée à certains investisseurs de Norbourg, en date du 20 juin 2008. Un signe décimal ayant été déplacé, le montant indiqué comme étant celui que les investisseurs devaient recevoir est malheureusement inexact.

«Ernst & Young présente ses excuses les plus sincères pour toute confusion ou inquiétude que cette erreur pourrait avoir causée aux destinataires de la lettre et désire, encore une fois, assurer les personnes concernées qu’elle s’affaire à rectifier la situation.»

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