Omer DeSerres ferme ses 13 magasins de France
Mise à jour: 23 juillet 2008 | 08h10
Marie-Eve Fournier
Le Journal de Montréal
L’aventure d’Omer DeSerres en France aura été de courte durée. Les magasins de matériel artistique acquis dans l’Hexagone il y a 14 mois viennent d’être fermés. La rentabilité n’était pas au rendez-vous.
Les 13 magasins exploités sous les enseignes Rougier & Plé, Graphigo et Créa ont cessé leurs activités vendredi. Quelque 180 personnes ont alors perdu leur emploi, une situation qui soulève l’ire des syndicats.
« La compagnie qu’on a achetée était techniquement en faillite et on a tenté de la sauver, mais c’était difficile. Les ventes et les marges n’étaient pas là », a déclaré au Journal Marc DeSerres, président de l’entreprise du même nom.
Cette transaction « de moins de 5 M$ » avait été conclue en mai 2007, mais révélée au public en mars 2008. Ironiquement, Marc DeSerres avait attendu d’être certain qu’il ne « s’était pas trompé » avant d’organiser sa conférence de presse.
Acquéreur recherché
Seulement deux mois plus tard, « la décision était prise d’essayer de trouver un acquéreur ou un partenaire », confie Marc DeSerres, petit-fils du fondateur, Omer. Un mandat en ce sens a d’ailleurs été confié sur-le-champ à une entreprise spécialisée dans le domaine.
Aujourd’hui, il est trop tard pour trouver un partenaire, DeSerres veut quitter la France.
« Est-ce que j’ai espoir (de trouver un acquéreur) ? Je ne sais pas », confesse l’homme d’affaires, qui préfère ne pas révéler combien il a perdu d’argent dans cette affaire.
« On a fait le maximum »
Même s’il s’est rendu en France tous les mois et a fait « le maximum » pour redresser les 13 magasins, les difficultés du marché ont eu raison des magasins Rougier & Plé, Graphigo et Créa.
« Le pouvoir d’achat des Français a été très réduit depuis 6 mois », fait valoir Marc DeSerres. À son avis, le fait que les employés soient syndiqués n’a pas joué dans les déboires des magasins.
« Il ne faut jamais regretter ce qu’on fait. Ça a été une expérience. Si on ne prend pas de risques, on n’avance pas », conclut-il.
Les opérations canadiennes de DeSerres ne sont nullement affectées par cet échec outre-mer, a tenu à préciser le président. Le magasin d’Ottawa, qui a ouvert il y a quelques semaines, réalise des ventes « au-delà des attentes ». Aucune autre ouverture n’est prévue pour 2008.
√ En mars, les magasins Omer DeSerres ont raccourci leur dénomination sociale en laissant tomber le prénom « Omer ».


