Un Québécois invente le SafeStove
Le Journal de Montréal
Qui n’a pas déjà oublié un chaudron sur le rond allumé d’une cuisinière ? Pour rassurer les distraits, un inventeur et homme d’affaires montréalais a investi 2,5 millions de dollars pour créer le SafeStove, un appareil qui coupe le courant au moindre filet de fumée.
Georges Dufour pensait qu’il était rendu assez vieux, au milieu des années 1990, pour passer le restant de sa vie en Floride à jouer au golf.
L’ingénieur de formation a néanmoins mis fin à sa retraite, en 1998, pour se consacrer à temps plein à l’invention d’un détecteur de fumée nouveau genre. Son objectif : empêcher les incendies provoqués par les cuisinières en marche oubliées.
Il a ainsi créé un appareil qui coupe l’alimentation électrique de la cuisinière dès qu’il y a de la fumée dans l’air. Et si les piles du SafeStove sont à plat, la cuisinière ne peut même pas être allumée, ce qui représente une sécurité supplémentaire.
En près de dix ans, Georges Dufour a fabriqué « huit ou dix versions différentes » de son produit. Un job à temps plein.
Tout cela a coûté 2,5 M$. « Le premier million et demi, c’est moi qui l’ai financé. Après, je suis allé voir des amis. J’ai ramassé des 25 000 $ et 30 000 $ ici et là en échange d’actions », a-t-il précisé au cours d’une rencontre avec le Journal.
Ventes de 10 M$ cette année
Le SafeStove est maintenant prêt à être vendu. Georges Dufour préconise exclusivement la distribution via Internet. « Il n’y en aura jamais dans les magasins, c’est impossible », soutient-il.
À son avis, si le SafeStove se retrouvait sur les tablettes des détaillants, certains s’empresseraient de copier l’idée, ce qu’il redoute malgré ses demandes de brevet. En outre, il ne croit pas que les vendeurs soient en mesure de bien expliquer aux gens comment l’appareil fonctionne.
Avant la fin de l’année, l’homme de 64 ans espère avoir vendu de 10 000 à 30 000 unités à 350 $ chacune. En 2009, « on va se rendre à 10 000 par mois avec l’ouverture du marché américain », assure-t-il.
Plus tard, une version pour cuisinières au gaz sera lancée pour satisfaire la clientèle européenne.
Fabriqué à Montréal
La fabrication du SafeStove a été confiée à Raytron, une entreprise montréalaise de la rue Griffith.
La commande initiale de 10 000 unités n’occupe que quelques personnes mais le président, Robert Yarnold, croit que dans 6 mois, il aura besoin de 15 ou 20 employés. « On m’a dit que les quantités seraient éventuellement très importantes. »
« On veut créer des emplois à Montréal. On ne veut pas que ce soit fait en Chine », martèle Georges Dufour, qui passe une bonne partie de l’année en Floride.
Alzheimer et enfants
Le concepteur du SafeStove vise notamment les familles ayant de jeunes enfants puisque « chaque jour, les hôpitaux soignent des enfants qui se sont brûlés. »
Son invention s’adresse aussi aux personnes souffrant d’Alzheimer.
À la Société Alzheimer de Montréal, on accueille très bien l’idée. « On est ouvert à tout ce qui permet de garder l’autonomie des gens. Si ça fonctionne, je dis bravo », a commenté le directeur général Gérald Hubert.
mefournier@journalmtl.com


