Les Cercles de fermières veulent favoriser l'achat Québec
Le Journal de Montréal
Après 93 ans d’existence et fortes de près de 40 000 membres, les Cercles de fermières du Québec (CFQ) entendent influer de plus en plus sur les questions économiques et sociales de la province.
« Cette année, nous lançons une campagne pour l’identification des produits sur l’étiquette afin de déterminer s’ils sont réellement fabriqués au Canada », explique Georgette Girard, présidente des CFQ.
« Nous requérons aussi le maintient des consignes sur les cannettes d’aluminium et sur les bouteilles en plastiques », poursuit la grand-mère de 73 ans.
Mme Girard a fait ces commentaires en marge du 93e congrès annuel des CFQ la semaine dernière à Saint-Hyacinthe.
Son organisation - le groupe de femmes le plus important au Québec - a aussi résolu de demander au gouvernement d’instaurer une politique de recyclage des ampoules fluocompactes et des néons.
« Nous favorisons l’achat de produits faits au Québec », ajoute Mme Girard, pour illustrer les valeurs du groupe qu’elle dirige.
Pas des « habitantes »
Ces prises de position montrent bien que les Cercles de fermières ne sont pas que des groupes de femmes qui se consacrent à la broderie et au tricot, même si ces activités sont encore de mise parmi leurs membres.
En outre, à peine 5 % des « fermières » sont des agricultrices et seules 13 % sont des mères au foyer. Les autres travaillent ou sont à la retraite après avoir pratiqué diverses professions.
Fait à noter, les cercles sont aussi très présents en milieu urbain : Laval en compte dix, tandis que Montréal en compte sept.
C’est ce qui explique qu’au fil du temps, leurs combats ont changé pour refléter les préoccupations de notre époque.
« Il y a beaucoup de professionnelles dans nos cercles. Nous lançons un appel aux femmes d’affaires pour qu’elles se joignent à nous », dit Georgette Girard.
Défis
La moyenne d’âge des membres des CFQ est de 58 ans. Deux tiers ont des petits-enfants et sont à la retraite. Par conséquent, le défi du recrutement des cercles est gigantesque.
« On a peut-être manqué une génération. C’est comme si le flambeau s’est passé de grand-mère à petite-fille », concède la chargée de communications des CFQ, Raymonde Trudel.
« On espère que l’avenir sera fait de la relève des jeunes. Jusqu’à présent, on a été trop effacées. Cette année, on veut faire une percée », souhaite-t-elle.
Mais avec une devise proclamant « Pour la terre et le foyer » et un nom qui semble anachronique en ce XXIe siècle, le Cercle de fermières du Québec peut-il encore attirer les jeunes femmes ?
« On assume notre devise par respect pour les pionnières avant nous, mais on ne la voit plus de la même manière. La terre, c’est l’environnement et notre mission demeure d’améliorer les conditions de vie des femmes et de la famille », répond Mme Girard.
√ Il y a 707 chapitres des Cercles de fermières partout au Québec. Il est interdit aux hommes d’en devenir membres.
√ L’organisme ne bénéficie pas de subventions et s’implique dans plusieurs oeuvres caritatives.
mbisaillon@journalmtl.com


