Le vendredi 10 février 2012

Bombardier: important vote des machinistes dimanche

4 juillet 2008 | 04h00
Mise à jour: 4 juillet 2008 | 08h42
ARGENT 
Nous serons très heureux si la CSeries crée 2 000 emplois, mais il ne faudrait pas qu’on en perde 1 500 avec un transfert d’emplois. Photo © Bombardier

En entrevue, écoutez l'entrevue réalisée avec Marc Duchesne, porte-parole de Bombardier.

La partie se joue entre Mirabel et Kansas City

Yvon Laprade
Le Journal de Montréal

La CSeries se rapproche de Mirabel. Dimanche matin, les 5600 machinistes de Bombardier Aéronautique voteront sur un projet de convention collective en vue du lancement, très attendu, de ces avions de la nouvelle génération.

« Nous voulons la CSeries et nous faisons tout en notre possible pour que Bombardier choisisse Mirabel », a confié hier au Journal de Montréal le directeur du syndicat des machinistes au Québec (AIMTA-FTQ), Dave Chartrand.

Le contrat à long terme - qui doit expirer en novembre 2014 - prévoit « une flexibilité opérationnelle » de la part des travailleurs syndiqués.

Approche « inhabituelle »

« Nous proposons de nouvelles façons de faire à Bombardier. Cette convention collective innove.

« Mais elle est intimement liée à la décision de l’avionneur d’assembler les nouveaux avions (de 130 passagers) au Québec, à Mirabel », a tenu à préciser le leader syndical.

Cette approche en matière de relations de travail est « inhabituelle », reconnaît Dave Chartrand. Il a même eu une rencontre avec les deux hauts dirigeants de Bombardier (Pierre Beaudoin et Guy Haché), le 20 juin, sur la question touchant le nouveau projet de convention collective.

La rencontre se serait terminée par une poignée de main, précise le leader syndical.

« Il ne s’agit pas d’une négociation traditionnelle, a convenu le directeur du syndicat des machinistes. Ce contrat de travail est crucial pour nos membres.

Flexibilité

« La CSeries est en jeu, bien évidemment, mais il y a aussi tout ce mouvement de délocalisation qui fait perdre des emplois de qualité dans notre industrie », insiste Dave Chartrand.

Selon lui, les machinistes de l’avionneur sont prêts à « plus de flexibilité pour rendre l’entreprise plus compétitive ».

« Mais on veut que les choses soient claires. Bombardier doit savoir qu’elle dispose, ici au Québec, d’une qualité de main-d’oeuvre qu’elle ne retrouvera pas ailleurs.

« On ne veut pas être évalués uniquement en fonction des salaires qui sont versés au Québec », tient-il à rappeler.

Il ajoute que cette industrie, qui a pourtant le vent dans les voiles, n’est pas à l’abri d’éventuels transferts d’emplois là où la main-d’oeuvre est bon marché.

« Nous serons très heureux si la CSeries crée 2 000 emplois, mais il ne faudrait pas qu’on en perde 1 500 avec un transfert d’emplois.

« C’est cela qu’on veut éviter. On veut trouver les moyens de garder tous nos emplois. Ça se fera par la diversification de la production, s’il le faut », insiste le directeur syndical.

La CSeries est un programme de 3 milliards de dollars dont la facture sera répartie à parts égales entre Bombardier, les gouvernements (par des prêts remboursables avec intérêt) et les fournisseurs.

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