Paul Desmarais affirme que si le Québec se sépare du Canada ce sera sa fin
Mise à jour: 3 juillet 2008 | 12h13
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La Presse Canadienne
PARIS -- Dans un très rare entretien avec un journaliste, l'influent homme d'affaires canadien Paul Desmarais affirme que si le Québec se sépare du reste du Canada, ce sera sa fin.
Maintenant âgé de 81 ans, M.Desmarais, qui est né et a grandi en Ontario mais qui vit au Québec, a accordé une entrevue sur sa vie au magazine français Le Point. Il y affirme fermement avoir choisi le Québec pour vivre mais que son pays est le Canada et que le Québec est sa province.
La profession de foi fédéraliste de Paul Desmarais est bien connue. À propos du journal La Presse, propriété de son empire, Power Corporation du Canada (POW), il souligne que c'est son fils André qui en est chargé. Il affirme que le point de vue des séparatistes peut apparaître dans le journal mais répète que la ligne éditoriale est fédéraliste et que bien sûr, le directeur de la rédaction est fédéraliste.
Dans l'entrevue au magazine français, Paul Desmarais s'attarde à ses débuts modestes à Sudbury. Ce fils de deux employés du chemin de fer transcanadien a néanmoins eu un grand-père maternel qui était un entrepreneur d'envergure.
Paul Desmarais a fait ses débuts en 1950, avant de terminer ses études en droit. Il a acheté la petite entreprise de transport par autobus de son père qui était en difficultés. Il en a plus tard acheté d'autres au Québec et à Ottawa.
À propos de Power Corporation du Canada, Paul Desmarais affirme que c'est la confiance du riche homme d'affaires du Nouveau-Brunswick, Jean-Louis Lévesque, qui lui a permis de démarrer. Un peu plus tard, grâce à des investissements variés, il se retrouvait à la tête d'une multitude d'entreprises.
L'homme d'affaires a ensuite étendu ses activités aux États-Unis, en Europe et en Asie, tissant des liens avec une multitude de politiciens influents tels plusieurs premiers ministres du Canada, les présidents français François Mitterand et Nicolas Sarkozy et quelques présidents américains.
Il en a reçu plusieurs à son vaste domaine de Sagard, dans la région de Charlevoix.
Power Corporation du Canada est une société de gestion et de portefeuille diversifiée internationale qui détient des participations dans le secteur des services financiers et dans diverses sociétés industrielles.
Le groupe, très axé sur la finance, ne semble pas avoir souffert de la crise du crédit qui fait des ravages aux États-Unis, notamment, dit-il, car sa gestion a toujours été très conservatrice et parce qu'il n'est pas cupide.
Paul Desmarais révèle par ailleurs qu'il n'aime pas qu'on dise qu'il est possiblement l'homme le plus riche au Québec.
Il n'a jamais été question, d'autre part, de céder Power Corporation du Canada, une affaire de famille dirigée depuis 11 ans par ses deux fils, Paul Jr et André. Ceux-ci ont d'ailleurs été associés aux affaires dès l'âge de 8 ou 9 ans. Paul Desmarais les emmenait partout, leur disant de s'asseoir et d'écouter.
Paul Desmarais, qui avoue ses penchants pour les conservateurs, a admiré le premier ministre Brian Mulroney surtout pour la conclusion d'accords de libre-échange mais il reconnaît au premier ministre libéral Jean Chrétien, qui est le beau-père de son fils André, d'avoir accompli de grandes réformes et d'avoir remis le Canada sur les rails.
Paul Desmarais prépare ces temps-ci une grande fête pour l'anniversaire de son épouse, Jacqueline.
À propos de son succès exceptionnel en affaires, il l'explique simplement par sa capacité à avoir saisi de bonnes affaires, au bon moment.


